Art de vivre

La littérature s’invite dans HOMA

La littérature s’invite dans HOMA
Photo: Métro

Pour donner le goût de la lecture et de la littérature, une troupe de 30 liseurs publics sillonnent bénévolement les rues d’Hochelaga-Maisonneuve en offrant des lectures instantanées.

Rencontre avec Olivier Courtois, 28 ans, comédien et coordonnateur de la brigade. 

Qu’est-ce qu’un liseur public?

L’action réelle est de prendre un livre et d’aller lire un extrait à quelqu’un dans la rue ou dans un organisme. Il s’agit de présenter le livre rapidement, de lire un extrait d’une ou deux minutes de façon investie, comme un comédien peut le faire.

Après, on offre le livre à la personne pour lui donner le goût de lire. Il y a beaucoup d’actions qui sont faites pour les jeunes, mais nous, on se concentre sur la clientèle des 15 à 35 ans. Dans le but que cette personne reprenne confiance en elle et peut-être même retourne à l’école ou sur le marché du travail. C’est vraiment une rencontre sociale.

Oui, il y a la performance, il y a la lecture en soi, on n’a pas de costume, on n’a pas d’accessoire. On est un peu comme des intervenants littéraires. On fait une microperformance à une personne ou à de petits groupes ciblés qui peuvent compter jusqu’à 10 personnes.

«Des fois, après un événement, j’ai les yeux pleins d’eau. Ça me rend très émotif […] Sur le coup, c’est toujours un moment marquant. Ce sont des gens que je n’aurais jamais rencontrés autrement».- Olivier Courtois, comédien et coordonnateur de la brigade

Comment la communauté d’Hochelaga réagit-elle à vos interventions? 

L’accueil est toujours chaleureux. Chaque fois, je suis bien accueilli parce que les participants ne savent pas que j’arrive ; les organismes le savent. C’est une petite surprise pour les participants. Ils sont toujours emballés par l’idée que ça vient vers eux et que ça ne coûte rien. Ils trouvent ça génial.

En plus, j’offre des livres. L’un des beaux moments que j’ai passés, c’est avec l’École des Adultes. Chaque mois, j’avais une activité avec eux. Je leur ai fait découvrir la poésie et j’avais des rencontres avec des auteurs.

J’ai vraiment créé de beaux liens. Il y a des gens à l’École des Adultes qui sont maintenant dans la brigade des liseurs publics et qui viennent lire avec moi. C’était super important de les intégrer à la brigade.  Il ne s’agit pas simplement de recevoir des livres et des performances, mais aussi d’être capable d’offrir des livres et de faire la lecture à son tour.


En rafale

Votre film préféré?
Royal,de Jean-Philippe Baril Guérard

Ton voyage préféré?
En Suisse en 2009.

Montréal en trois mots?
Artistique, vibrante, multiculturelle.


Comment vois-tu l’avenir de cette initiative?

J’espère pouvoir poursuivre dans la prochaine année et faire des interventions dans le même créneau. Comme ça vient de commencer, on a beaucoup de choses à essayer. Il faudrait trouver de nouveaux partenaires, de nouveaux organismes voulant s’embarquer.

Ça va être de retourner aux endroits où on est allé pour que les gens nous fassent confiance et pour leur faire découvrir d’autres livres. On est au début du projet, donc c’est le moment. Avec une brigade d’une trentaine de personnes, c’est idéal ; les gens se sentent impliqués.

C’est un bénévolat actif. On a des retombées directes que l’on voit devant nos yeux, et si on est capable de faire vivre le programme ailleurs, tant mieux!