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18:58 31 août 2020 | mise à jour le: 31 août 2020 à 18:58 temps de lecture: 6 minutes

Pourquoi des murales?

Pourquoi des murales?
Photo: Amine EsseghirFable du Nord.

Elles sont partout en ville. Elles permettent de repérer des pâtés de maisons et des pans entiers de quartiers. Mais pourquoi en faire autant et les célébrer à chaque occasion?

Les murales à Montréal sont financées en grande partie par la Ville dans le cadre du programme d’art mural. Un des buts essentiels de ces œuvres : la lutte contre les graffitis illégaux.

L’idée de multiplier les murales a commencé à être étendue en 2007 avec le déploiement d’un programme annuel Graffitis et murales, visant la prévention des «tags», notamment par la réalisation d’œuvres d’art public sur de grands murs de Montréal.

À partir de 2016, après un projet pilote de deux ans pour développer le patrimoine artistique et soutenir la création, le programme d’art mural a été mis en place avec des financements récurrents et des conditions de soumissions des projets permanentes. Depuis, plus d’une centaine de murales ont été réalisées.

Pour les organismes de sécurité publique, comme Tandem Ahuntsic-Cartierville les graffitis «sapent le sentiment de sécurité des citoyens, diminuent leur qualité de vie et mettent en péril les liens sociaux basés sur la confiance.»

Maria Mourani, ancienne députée fédérale, mais aussi criminologue, signalait que les graffitis servent parfois à marquer un territoire pour les gangs de rue.

Toutefois, les murales sont aussi d’excellents moyens pour l’embellissement des quartiers et constituent une porte privilégiée pour permettre l’accès à l’art public au plus grand nombre.

Voici quelques murales d’Ahuntsic-Cartierville qui racontent à leur manière l’histoire du quartier.

Fable du nord

Créée en 2019 par l’artiste français Dodo Ose – Doryan Rabilloud de son vrai nom – du collectif A’Shop, cette immense murale a pris place sur un mur gris qui jouxte une station-service  située à l’angle du Boulevard Henri-Bourassa Est et la rue de Lorimier.

La murale raconte l’histoire d’une rencontre entre une jeune fille et un coyote dans une sorte de monde postapocalyptique.

L’artiste la présente comme une fable visuelle avec une connotation écologique et une représentation onirique.

Elle a été peinte en 13 jours. Pour concevoir son œuvre, l’artiste a rencontré des citoyens d’Ahuntsic-Cartierville et il a collecté des anecdotes et histoires sur le quartier.

Par ailleurs, une quinzaine de jeunes filles mobilisées par l’organisme Concertation femme a également dessiné à la fin les fleurs que l’on voit en bas de l’œuvre.

Murale Maurice-Richard
En mémoire de Maurice-Richard, sur la rue Fleury Est. Photo : Amine Esseghir

Attachement au «Rocket»

Cet hommage à la légende du hockey Maurice Richard trône sur la Promenade Fleury sur le mur du restaurant La Molisana.

Réalisée en 2015 par l’artiste Zek aidé par Dodo Ose de la compagnie A’shop, l’œuvre a été peinte en moins de 10 jours.

Elle marque l’attachement des gens du quartier à la légende du hockey. Le «Rocket» a vécu longtemps sur la rue Péloquin, à Ahuntsic et avait ses habitudes à la Molisana où, dit-on, il s’asseyait toujours près de la fenêtre et commandait un veau parmigiana.

Maurice Richard, dont les exploits sportifs sont légendaires, est aussi un des fondateurs du club de hockey mineur les Braves d’Ahuntsic, qui a célébré ses 60 ans en 2015.

Hommage au soccer
Hommage au soccer. Photo : Amine Esseghir

Honneur au soccer

La première murale du genre dans le quartier s’intitule Futebol. Elle a été peinte en 2014 sur un mur du chalet du parc Louisbourg, à Cartierville.

Elle a été créée par l’artiste Monk E. du studio A’shop qui s’est inspiré de la vocation du parc : la pratique du soccer. Elle a été réalisée en six jours.

Fenetres
Fenêtres. Photo : Amine Esseghir

Lucarne sur l’art

Cette superposition de vitres et cet agencement de transparences ont été réalisés en 2015 sur le mur d’un commerce de portes et fenêtres.

L’œuvre rappelle des éléments d’architecture qu’on peut observer à Ahuntsic : des toitures des maisons, le pont Papineau Leblanc et le collège Ahuntsic. Elle a été réalisée par Ankh One et Dodo Ose du studio A’Shop.

Le but de l’oeuvre était de convaincre les commerçants de la rue Fleury de la possibilité de réaliser des peintures sur leurs magasins pour réduire les incivilités et embellir la rue avec de l’art public.

Carrousel
Rappel du parc Belmont. Photo : Amine Esseghir

À la fête foraine

Cette imposante murale a été inaugurée en 2017. Réalisée par l’artiste Olivier Bonnard, elle a été peinte au 5945, boulevard Gouin Ouest, à Cartierville, donnant vie à un immense mur aveugle.

Le sujet rappelle l’époque du parc Belmont, fermé en 1983. Il était une des principales attractions de Montréal et faisait du quartier une destination prisée.

Iona Monahan
Iona-Monahan sur Chabanel. Photo : Jacques Lebleu

Hommage à la mode

La place Iona-Monahan, à l’angle des rues Chabanel et l’Esplanade dans le quartier de la mode, est décorée d’une grande murale pour rappeler la journaliste qui porte son nom.

L’œuvre a été créée par Jacques Lebleu, artiste résident d’Ahuntsic, aidé par la muraliste Annie Hamel. Elle est inspirée d’une photographie de Iona Monahan prise par Paul Taillefer, en 1969.

Iona Monahan est décédée en 2006 à l’âge de 83 ans. Elle a contribué à faire connaître les créateurs de mode canadiens à la fin des années 1950 en organisant des défilés dans les grandes villes Européennes. Elle écrivait dans de nombreux magazines et a produit de nombreux reportages notamment pour Montreal Gazette.

La place inspirée d’une estrade de défilés de mode, a été aménagée entre 2015 et 2016. Le nom de la journaliste a été proposé par des designers et entrepreneurs dans l’industrie du vêtement. Validé par la Ville, il contribue à la féminisation des lieux publics et des rues de Montréal.

 

 

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