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05:00 30 septembre 2020 | mise à jour le: 30 septembre 2020 à 16:33 temps de lecture: 5 minutes

Télétravail: au secours, mes collègues me manquent!

Télétravail: au secours, mes collègues me manquent!
Photo: rawpixel/123rf

Les travailleurs apprécient le télétravail, mais d’un autre côté, le bureau et sa routine manquent à certains salariés, notamment le contact avec les collègues.

«Oui, on a des échos de travailleurs qui se sentent très isolés», affirme Noémie Ferland-Dorval, conseillère, affaires publiques, à l’Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations Industrielles agréés du Québec (CRHA).

«Les pauses avec des humains me manquent, avoue Éva Larouche, une fonctionnaire fédérale dont le bureau est situé à Lévis. On fait des Zoom avec nos collègues une fois par mois, sur notre heure de pause pour souligner les fêtes du mois, mais ce n’est pas pareil évidemment que de se rencontrer en personne.»

Car le travail, c’est aussi un lieu de socialisation, rappelle la spécialiste, surtout pour certaines personnes qui n’ont pas beaucoup d’activités sportives ou récréatives. Dans certains cas, le travail devient un lieu d’évasion, car il existe des personnes qui vivent des situations très lourdes à la maison. De plus, la présence d’enfants peut parfois ajouter au stress des télétravailleurs.

Mais le télétravail a tout de même ses avantages.

«On a pu constater que plusieurs personnes sont satisfaites du télétravail et de la conciliation travail-famille qu’il permet», poursuit Mme Ferland-Dorval, citant une récente étude d’ADP Canada-Maru/Blue, qui a révélé ainsi que 45 % des travailleurs interrogés au pays préféreraient travailler à distance au moins trois jours par semaine tandis que plus d’un quart d’entre eux préféreraient avoir des horaires variables.

Au CEMEQ de Sherbrooke, le travail de la maison a eu des effets inattendus: la productivité s’est accrue, l’équipe a pris moins de journées maladie que par le passé et le temps supplémentaire payé a diminué, malgré une hausse de la demande. «Comme il fallait que tout le monde ait la même information, on s’est fait un point d’honneur de bien communiquer à toutes les étapes», explique Véronique Lacroix, responsable de l’édition au sein de l’organisme. C’est le CEMEQ qui a produit tous les guides pour le nouveau programme de formation des Préposés aux bénéficiaires, lancé dans l’urgence par Québec il y a quelques semaines.

Comme pour plusieurs organisations, la vie sociale a été réduite à néant, tout passe maintenant par le web. «Nos 5 à 7 nous manquent», dit la porte-parole du CEMEQ, Elsa Vaillancourt.

Quelques bonnes pratiques

Il y a des bonnes pratiques à mettre en place pour briser l’effet de l’isolement, dont certaines relèvent des gestionnaires et certaines des membres de l’équipe.

Pour le gestionnaire, une de ses priorités devait être de garder le contact avec tous les membres de son équipe. Et ce contact ne passe pas uniquement par les courriels. «C’est important de se parler de vive voix et de se voir via les outils de conférence à distance», mentionne Noémie Ferland-Dorval, de l’Ordre des conseillers en ressources humaines.

Voir la personne, voir sa réaction, réajuster le tir au besoin, c’est important de garder ce contact avec toute l’équipe. Le fait de se voir et de toucher à d’autres sujets que le travail, c’est important; l’état de la personne, les conversations informelles qui sont riches de sens et qui donnent des indications sur l’état émotionnel des gens.

«C’est sur qu’en tant que collègues de se cacher durant une webconférence n’est pas bonne pratique. On a un rôle à jouer [auprès de nos collègues]. Il faut aussi faire attention aux mots employés dans les courriels et scruter attentivement nos écrits, par exemple, et surtout, ne pas oublier les salutations d’usage.»

«Il faut faire un effort en gardant sa caméra ouverte, participer aux activités proposées par l’entreprise, conseille Mme Ferland-Dorval. Il faut prendre le temps de s’informer de ses collègues, de prendre de leurs nouvelles, comme on le faisait à la pause-café.

Attention aux caractères gras, aux majuscules dans les courriels, qui peuvent être mal interprétés. Comme il n’y a pas de ton de voix dans les courriels ou dans les messageries instantanées, si la personne le reçoit mal, on ne pas réagir immédiatement et cela peut entraîner des malentendus, des questionnements. C’est pour cela qu’il faut privilégier la visio-conférence quand c’est possible.

Aux personnes timides ou mal à l’aise de laisser entrer les collègues (et le patron!) dans leur intimité, on peut s’adosser à un mur pour ne pas laisser voir le décor ou mettre en place un faux fond derrière soi, réalisable en trois clics avec Teams, par exemple. «L’important est de voir la personne, pas le décor», rappelle la conseillère.

Bien travailler de la maison en cinq conseils

  1. Réservez-vous des moments en solitaire et afin de vous reposer, lorsque cela est possible.
  2. Créez des routines le matin et le soir.
  3. Assurez-vous que votre famille ou vos colocataires comprennent que vous travaillez à domicile.
  4. Éviter de tomber dans le piège de vouloir rester en pyjama toute la journée.
  5. Faites attention à votre posture en travaillant à domicile.

Sources : Ordre des psychologues du Québec et youmatter

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