Culture

Le dernier souffle: la vie comme elle va

Le dernier souffle: la vie comme elle va
Photo: Julie D’Amour / collaboration spéciale

Témoigner. Transmettre. Rendre hommage. C’est ce qui a motivé Annabel Loyola à concevoir le documentaire terriblement humain Le dernier souffle, au coeur de l’Hôtel-Dieu de Montréal.

Alors que l’hôpital cessera bientôt ses activités au profit du CHUM, la cinéaste a voulu faire œuvre de mémoire en étant témoin de ses derniers battements et occupants : les patients, les médecins et les membres de la communauté des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph.

«Elles étaient là quand Jeanne Mance a fondé Mont­réal et l’hôpital, rappelle la réalisatrice. Elles sont les survivantes de cette histoire, et c’est majeur. Et il y a toujours cet esprit profondément humain à l’Hôtel-Dieu d’aider l’autre. On le ressent chez les Sœurs, les chirurgiens, le concierge… Faire un film comme celui-là, ça me permet de renouer avec la bonté humaine.»

Un de ses souhaits est évidemment de s’emparer de l’essence des lieux, ces fantômes qui rôdent et qui doivent se résoudre à disparaître. Mais comment y arrive-t-on?

«La magie s’opère avec l’aide de la durée, révèle la créatrice. J’ai filmé pendant deux ans, j’ai fait du bénévolat, il y a des patients que j’ai vus pendant 10 mois. Ça crée des liens de confiance qui permettent de saisir l’esprit d’un lieu ou d’une personne. Cet attachement-là finit par ressortir des images.»

«L’Hôtel-Dieu a été fondé en même temps que Montréal et il va avoir 375 ans cette année. Alors qu’on organise une grande fête à Montréal, on ne fait pas de cadeau à l’hôpital. On le ferme, ça n’existe plus et on l’oublie. Pourtant, c’est notre Panthéon ou nos Invalides.» – Annabel Loyola, réalisatrice du Dernier souffle, au cœur de l’Hôtel-Dieu de Montréal

Amatrice du cinéma de Varda, de Depardon et de Wiseman, Annabel Loyola a privilégié un style qui renvoie au cinéma direct afin de se rapprocher des âmes.

«L’Hôtel-Dieu est un personnage dans le film, concède-t-elle. J’entends son pouls, je sens son cœur battre. Ses longs corridors sont comme des artères où coule un flot constant de vie depuis des siècles, et ça continue. Tu entends ses pulsations, ça respire. Il y a quelque chose de très calme, puis tout d’un coup, il y a un souffle vieux de 375 ans.»

Le dernier souffle, au cœur de l’Hôtel-Dieu de Montréal

En salle dès aujourd’hui

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