Culture

Madame Moustache, des musiciens de grands chemins

Photo: Émilie Lavoie

Quatre ans après la sortie de son premier album – et beaucoup de route plus tard! – , Madame Moustache plonge de plain-pied dans le country avec Maison mobile.

Quand Métro les rencontre, Geneviève Néron et Julie Ross, les deux chanteuses de Madame Moustache, ne cachent pas leur fierté quant à leur deuxième opus, Maison mobile. Un disque qu’elles et leurs comparses – le guitariste Mathieu Vigneault, le batteur Benjamin Vigneault et le violoniste Guillaume Duchesneau – ont fignolé pendant deux ans au bas mot. «On a composé pratiquement tout l’album pendant qu’on était en tournée», raconte Geneviève. Une tournée qui, rappelons-le, a duré le temps de quelque 400 spectacles. Le résultat? «Un album de char!» lance Julie.

Val-d’Or, Roméo et Joliette, Grenoble, autant de titres de chansons qui évoquent des lieux visités. Des compositions signées Geneviève Néron, tantôt en collaboration avec Julie Ross, tantôt avec Guillaume Duchesneau : «On a assumé le fait qu’on était un groupe et on a vraiment pris le temps de travailler tous ensemble», affirme Julie.

«Sur la pochette de l’album, on peut voir des maisons mobiles superposées, qui ont l’air de flotter dans le vide, ce qui donne une image un peu surréaliste; mais quand on regarde comme il faut, on voit qu’il y a des bases de métal qui tiennent les maisons, fait remarquer Geneviève. C’est représentatif de cet album : nos univers hétéroclites se rejoignent, et ça tient à cause de bases solides.»

Les univers des cinq musiciens sont peut-être hétéroclites, mais une influence commune se fait sentir : le country, aussi présent sinon plus que sur le premier opus. «Cette fois-ci, on n’a pas juste pris la petite trail. On y va, on rentre dedans, on est passés par la grande route», assure Julie Ross.

Geneviève ajoute : «On n’est pas des gens de compromis. Quand tu fais des compromis, c’est comme si tu te permettais de prendre quelque chose de fade. On ne voulait pas ça.»

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Il n’aura pas toujours été évident pour les Moustache, par ailleurs, de suivre leur instinct. Geneviève se souvient de s’être demandé si des chansons de peine d’amour comme Courtepointe – «L’amour paraît que ça donne des ailes, pourquoi j’ai rien que du plomb dans l’dos calvaire» – ou Fuck Off n’ Die – coécrite avec Richard Desjardins – avaient leur place sur le disque.

«On s’est demandé à un certain point si ce n’était pas trop sombre pour Madame Moustache, parce qu’on ne se le cachera pas, souvent, on se fait appeler parce qu’on est vus comme le groupe heureux d’être content, lance Geneviève. C’est sûr que l’humour, c’est un moyen d’expression qui me plaît beaucoup, mais un être humain, c’est complexe, ça peut avoir plusieurs émotions… On ne peut pas juste être content content content tout le temps!»

Entourage
Les membres de Madame Moustache se félicitent d’avoir eu recours à un réalisateur, Érik West-Millette (Bïa, Doctor John, Marie-Jo Thério), pour ce deuxième effort.

«Érik est embarqué dans le trip et il est devenu presque comme un membre de Madame Moustache, croit Geneviève Néron. C’était le fun d’avoir un capitaine dans le bateau… Ça va moins tout croche dans ce temps-là! Nous, on l’a suivi avec plaisir.»

Lorsque viendra le temps, en 2013, de repartir en tournée, les cinq musiciens s’adjoindront une autre figure bien connue du milieu artistique : Christian Bégin, qui assurera la mise en scène de leur spectacle. «On veut se monter un beau spectacle de salle, explique Geneviève. Quelque chose qui ne soit pas juste un gros party, qui ait un petit côté théâtral!»

Maison mobile
En magasin dès aujourd’hui
Spectacle de lancement au Cabaret le Lion d’Or
Ce soir dès 17 h

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