Critiques CD de la semaine du 27 au 31 août
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Chilly Gonazles, Daniela Nardi, Ry Cooder, Ladylike Lily, Michèle O. et Tryo.
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Beau piano Chilly Gonazles Solo Piano II (4/5) |
L’éclectique musicien originaire de Montréal propose un deuxième disque de pièces composées et jouées au piano. Ce CD vient souligner de nouveau la large palette de ce que l’artiste explore… et réussit. Ces pièces peuvent définitivement être classées dans le rayon de la pop instrumentale puisque l’ensemble s’écoute simplement et qu’on peut se surprendre à en siffloter une après quelques écoutes seulement. Toutefois, on pourrait aussi croire qu’un jour le disque passera dans la section classique des disquaires (si jamais il en reste). Il faut aimer le piano, mais c’est un bien beau disque. Chilly sera en spectacle à l’Olympia de Montréal le 22 septembre.
– Éric Aussant
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Delizioso Daniela Nardi Espresso Manifesto: The Songs of Paolo Conte(4/5) |
Il n’y pas tellement de CD qui sont faits pour être sortis par un dimanche après-midi, ensoleillé ou pluvieux, et glissés dans le lecteur juste comme ça, pour une ambiance ou une écoute paresseuse. Cet hommage à Paolo Conte de la Torontoise Daniela Nardi en est un. Et un excellent en plus. Les chansons de l’avocat chanteur italien ont été dorlotées par des musiciens de jazz de grand talent – dont le pianiste Ron Davis, douce moitié de Nardi – et le tout a été bichonné par un réalisateur italien qui s’y connaît, Pasquale Minieri. Un hommage bien senti et réussi.
– Éric Aussant
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Romney jamais Ry Cooder Election Special(3,5/5) |
Mitt Romney, les gens de la classe moyenne qui appuient les baisses d’impôts pour les plus riches, les bonzes de Wall Street – tous y passent dans le nouvel album de Ry Cooder. Le virtuose de la guitare est clair : il ne veut pas d’un républicain à la Maison-Blanche. Dans moins de deux mois, une fois que l’élection américaine sera terminée, les textes d’Election Special seront peut-être moins pertinents, mais la musique sera tout aussi vibrante. Sans surprise, Cooder est en parfait contrôle de sa guitare et il en profite pour nous offrir un excellent mélange de blues, de country et de folk.
– Mathieu Horth Gagné
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Féerique Ladylike Lily Get Your Soul Washed(3, 5/5) |
Si on se balade entre les univers de Lykke Li et de Björk, on risque fort de tomber sur Ladylike Lily. Comme ces dames, la musicienne française, Orianne Marsilli de son vrai nom, crée des ambiances minimalistes qui ont un côté féerique. Au fil des pièces qui composent ce premier LP, l’artiste superpose joliment sa voix cristalline à son glockenspiel, à sa douce guitare et à ses claviers, tandis que des chœurs donnent une touche aérienne à certains morceaux (Apologize). Si le disque finit par sembler un brin linéaire, on est tout de même charmé par ce monde onirique et personnel qui s’ouvre à nous. Au FME, ce dimanche.
– Natalia Wysocka
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Prise 2 Michèle O. Assise dans ma tête (3,5/5) |
Après avoir bricolé elle-même l’album Assise dans ma tête en 2010, Michèle Ouellette lui donne une deuxième vie sous l’étiquette Les Disques Passeport. Cette réédition comprend trois nouvelles pièces, dont la très chouette Encore. Le style country-folk de cette fille de Val-d’Or rappelle beaucoup celui de Mara Tremblay. Sa petite voix donne une touche pop à un album franchement réussi. On ne se tanne pas de la chanson titre de l’album ni de sa version de la célèbre chanson Ces bottes sont faites pour marcher (These Boots Are Made for Walking) de Nancy Sinatra. Elle sera au pub Verre Bouteille à Montréal le 11 septembre.
– Rachelle Mc Duff
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Plus ça change… Tryo Ladilafé (3/5) |
On connaît la recette de Tryo. Éplucher un thème, engagé autant que possible, sur trois couplets, y ajouter un refrain fédérateur et entraînant, déposer le tout sur une musique reggae. La formule fonctionne, et le quatuor la reprend sur son cinquième album original, Ladilafé. Cette fois, nos joyeux lurons s’attaquent à la publicité mensongère (Greenwashing), à l’homophobie (Brian Williamson), à la mondialisation (Pas banal) ou encore aux dictatures (Printemps arabe). Si on soustrait les causes, aussi nobles soient-elles, du répertoire de Tryo, reste-t-il la poésie, un travail franc sur la langue? Pas certain.
– Charles-Éric Blais-Poulin
Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt





