Culture

La comédie humaine

Marc-André Lemieux, Métro

Saviez-vous que, dans sa deuxième autobiographie, Andrée Boucher dédie un chapitre complet à l’irrigation de son colon? Que dans son livre intitulé Sexe, drogue et disco, le chanteur Martin Stevens avoue avoir refusé 35 000 $ pour apparaître dans une pub pour Coke pour la simple et bonne raison qu’il préférait boire du Pepsi?

Ces révélations pour le moins surprenantes n’enrichiront sûrement pas notre intellect, mais, ce soir, elles promettent de nous faire rire un bon coup au chic Café Cléopâtre, où se déroulera 

Rémi-Pierre Paquin, Louis Champagne, Didier Lucien, Pierre-Luc Brillant, Sylvain Larocque, Karen Elkin, Ève Duranceau et Marie-Lyse Laberge-Forest défileront sur scène afin de nous livrer les plus beaux trésors découlant de la plume de Louise Deschâtelets, Chantal Pary, Anne Létourneau, Marc Hamilton et compagnie.

«Il n’y a pas d’imitation ni de gag ajouté, précise Didier Lucien, qui s’attaquera à Une vie de chien dans un monde de fou du lutteur Maurice «Mad Dog» Vachon. On ne juge pas. On essaie de lire ça le plus simplement possible. On n’a pas à s’efforcer d’être drôle, parce que tout est là anyway!»

Après L.A. et New York
Créé en 1998 par l’auteur Eugene Pack, le concept consistant à réunir des acteurs pour lire en public des autobiographies de personnalités connues sévit à Los Angeles et à New York. Dans la Grosse Pomme, il fait l’objet d’un rendez-vous
hebdomadaire, Celebrity Autobiography : In Teir Own Words, qui attire des comédiens et humoristes tels que Sherri Shepherd (The View), Rachel Dratch (Saturday Night Live) et Kristen Johnston (3rd Rock From the Sun).

Ensemble, ils récitent des passages choisis des bouquins de stars de premier plan tels qu’Elizabeth Taylor, Britney Spears, Sylvester Stallone, Burt Reynolds et Madonna, dont le fameux livre Sex soulève encore aujourd’hui de vives réactions.

C’est d’ailleurs à l’automne dernier, en voyant Matthew Broderick se prêter à l’exercice avec un texte signé par Vanna White (celle qui tourne les lettres au jeu télévisé Wheel of Fortune), que l’idée d’adapter l’événement au Québec est née.
«Pour qu’une Å“uvre puisse faire partie du spectacle, elle doit répondre à une seule règle : être écrite au « je »», explique Katherine Riva, l’une des organisatrices de ce cabaret singulier.

Au fil de la soirée, les curieux pourront entendre des passages extraits des livres d’Anne Létourneau (La folie des douceurs – De la boulimie à la spiritualité), Julie Lemay (Un automne au loft, le journal intime de la gagnante de Loft Story 1) et Chantal Pary (J’ai tout caché derrière mes sourires).

Cruel pour les auteurs visés, ce petit rendez-vous? La plupart pensent que non.
«C’est du domaine public. Ce n’est comme si on riait du monde qui n’a rien demandé», note Pierre-Luc Brillant, qui s’attaquera à l’autobiographie de Louise Deschâtelets, La chance était au rendez-vous.

«Au Québec, on a souvent peur de rire du monde, observe Marie-Lyse Laberge-Forest (Tag), à qui l’on a confié la responsabilité de lire le bouquin d’Anne Létourneau, La folie des douceurs – De la boulimie à la spiritualité. Mais si tu as écrit un best-seller qui se vend maintenant à six piastres en magasin, il faut que t’assumes!»

Quant à Karen Elkin (Rumeurs), qui aura la lourde responsabilité de décrire le lavement d’Andrée Boucher (pas l’ex-mairesse de Québec, mais bien l’ex-Dame de cÅ“ur), elle s’attend à ce que la soirée froisse l’ego de certains. «C’est chien, mais c’est pas mal moins pire que ce que Rock et belles oreilles ou Piment fort faisaient, précise-t-elle. Je dis : « Don’t kill the messenger ». Après tout, on ne fait que répéter des choses que ces personnes ont écrites elles-mêmes.»

Bio dégradable : les écrits restent
Au deuxième étage du Café Cléopâtre
Ce soir, à 20 h 

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