Culture

Sébastien Benoit dans Le cas Roberge: briser l'image

geneviève vézina-montplaisir, métro

Sébastien Benoit est l’un des enfants chéris de la télévision québécoise. Il est talentueux, sympathique, travaillant, beau, gentil, parfait, quoi! Une image dorée que l’animateur brise une fois pour toutes dans Le cas Roberge.

«Les gens m’ont souvent reproché – et parfois avec raison – d’être un gars, propre, fin et même téteux, concède l’animateur. Vive­ment ce film-là pour casser cette image!»

Sébastien Benoit ne joue pas son propre rôle dans le film imaginé pas ses amis Benoit Roberge, Stéphane E. Roy et Jean-Michel Dufaux, mais bien celui de Sébastien Ber­nard, un alter ego pas toujours loin du vrai personnage. Bernard est animateur à la radio, mais le matin, pas l’après-midi, comme Sébastien Benoit, qui est à la barre de l’émission du retour à la maison à Rythme FM. Il travaille aussi à la télé. Il dit aussi toujours ce que les autres veulent entendre parce qu’il veut plaire. Il va même jusqu’à abonder dans le même sens qu’un admirateur qui affirme que son employeur fait passer de la musique de matantes…

«Il y a un risque qu’on prend volontairement en jouant des personnages qui nous ressemblent, mais il y a des affaires qui sont pas mal exagérées, et je pense que c’est l’intérêt du film de se demander ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, affirme Sébastien Benoit. Je suis conscient qu’il y a un risque à jouer ça, mais une chose est sûre, je ne peux pas faire de la radio à Rythme FM depuis les cinq dernières années sans avoir du fun. J’espère que les gens vont être capables de voir qu’il y a de l’autodérision là-dedans.»

Critiquer le showbiz

Outre Sébastien Benoit lui-même, le reste du showbiz québécois en prend aussi pour son rhume dans Le cas Roberge. Produc­teurs à deux visages, ami qui vole l’emploi d’un autre dès qu’il a le dos tourné : le monde des médias n’est pas rose dans cette comédie. Et ici aussi, la réalité n’est pas très loin de la fiction.

«Il y des résonnances avec le showbiz québécois, concède l’animateur du jeu Pyramide. La célébrité, ça vient et ça part. Prenez Guillaume Lemay-Thivierge par exemple. Il y a 10 ans, il n’y a personne qui l’aurait touché avec un pôle de 20 pieds. Maintenant qu’il est populaire, tout le monde veut l’avoir.»

Le film n’est pas tendre envers le milieu des communications, et Sébastien Benoit non plus, qui en connaît un bail sur ses aléas.

«Il y a des vedettes au Québec qui font la grosse tête, mais qu’elles s’en aillent au coin des rues Greene et Sherbrooke et personne ne va les reconnaître», souligne-t-il.

Malgré tout, le chouchou des Québécois souligne que le film va plus loin qu’une critique du star-système d’ici.

«L’important, c’est que le film me méprise pas le public, dit-il. Les gens qui sont proches du show-business vont peut-être y trouver leur compte, mais au-delà de ça il y a des questions existentielles, comme notre place dans le monde, la quête du bonheur et de l’amour.»

Acteur?

Sébastien Benoit ne s’en cache pas, il a adoré son expérience au grand écran. D’autant plus qu’elle lui a permis de sortir de sa zone de confort, lui qui était habitué à l’instantanéité de la télé et de la radio en direct. Le nouvel acteur avoue même qu’il ne dirait pas non si on lui offrait un autre rôle au grand écran.

Le cas Roberge
En salle dès le 15 août

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