Sylvain Lafrance prône la diversité pour sortir Radio-Canada de la crise
Le modèle de la télévision publique québécoise s’essouffle, et selon le vice-président principal de Radio-Canada, Sylvain Lafrance, c’est par sa diversité qu’il se sortira de la crise.
«Si on veut tous créer une émission populaire, on va tous finir par créer la même», a déploré M. Lafrance, qui a pris la parole devant l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision hier. Il a notamment remis en question la pertinence du Fonds des médias, qui entrera en vigueur en avril 2010. Il regrette que ce nouveau programme, qui est né de la fusion entre le Fonds canadien de télévision et le Fonds des nouveaux médias, accorde beaucoup trop d’importance aux cotes d’écoute pour accorder son financement. «Le fonds des médias est tout de même une très bonne initiative, sauf que ce fonds doit favoriser la diversité et non seulement le succès d’une émission», a-t-il déclaré.
En plus de la réforme du Fonds des médias, M. Lafrance a énuméré trois autres conditions pour que le modèle de télévision publique puisse se remettre de la crise; c’est-à-dire l’accès à des redevances, à un financement pluriannuel et à la nouvelle initiative de la CRTC, le Fonds régional de production. «Nous en avons passé beaucoup des crises en 74 ans à Radio-Canada et nous nous sommes toujours adaptés», a-t-il affirmé. Il a cependant refusé de blâmer directement le gouvernement conservateur et l’a plutôt légèrement écorché en disant qu’il n’a pu lui donner la flexibilité nécessaire pour éviter de se retrouver dans une telle situation.
L’UDA soutient SOS Radio-Canada
Par ailleurs, la mobilisation pour aider Radio-Canada, principal diffuseur public, s’accroît. Le mouvement SOS Radio-Canada, lancé il y a quelques jours, a reçu l’appui hier de l’Union des artistes (UDA). «Radio-Canada a été un chef de file très important. Mais, plus ça va, plus on sent que tout ça se désagrège et que tranquillement, nous sommes en train de miner la télévision publique», a déclaré Raymond Legault, président de l’UDA.
Radio-Canada a annoncé, en mars dernier, la suppression de 800 emplois, dont 335 aux services francophones de la société d’État. Déjà, une soixantaine de personnes ont perdu leur emploi et 183 autres prendront une retraite prématurée d’ici la fin de l’été.