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Critiques CD de la semaine du 22 au 26 octobre

Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Tanita Tikaram, Lescop, Émilie-Claire Barlow, Milo Greene, Joshua Radin et Martha Wainwright.

Belle surprise
Tanita Tikaram
Can’t Go Back (4/5)

Près de 25 ans après la chanson à succès Twist in My Sobriety, la chanteuse britannique propose un huitième album. Tikaram a toujours sa belle voix grave, enveloppante et, à l’écoute de ce CD, on se réjouit qu’elle n’ait pas abandonné sa carrière malgré des années de disette. Can’t Go Back est l’album d’une auteure-compositrice-interprète mature, qui sait ce qu’elle fait et ce qu’elle veut dire. Ça en fait un disque pop sans âge. Une leçon pour bien des jeunes chanteuses. Moments forts : Make the Day, Keep It Real, If the World Should Want for Love et le duo One Kiss avec le réalisateur du CD, Paul Bryan.
– Eric Aussant

Top qualité
Lescop
La forêt (4/5)

Sur ce premier album solo, le branché Français Lescop nous fait voyager de Los Angeles à Tokyo, la nuit, sur une cold-wave nocturne et sophistiquée. Grand admirateur de Ian Curtis, le chanteur donne dans les ambiances subtilement sombres, malgré les touches plus vives de pop qui parsèment le disque. On aime ses textes qui nous entraînent dans La nuit américaine ou à l’heure où Paris s’endort. Avec raffinement, Lescop intègre dans ses pièces des mots comme «caverneux» ou «grenadine», terme qui n’a pas été si bien utilisé depuis Laurent Voulzy (!). On pense parfois à The Cure (Los Angeles), à Joy Division, mais on pense surtout… coup de cœur.
– Natalia Wysocka

Classique
Émilie-Claire Barlow
Seule ce soir (3/5)

La Torontoise Emilie-Claire Barlow adore chanter en français. Et ce plaisir se sent sur Seule ce soir, son premier album dans la langue de Molière, sur lequel elle revisite des pièces des répertoires français et québécois. D’emblée, le choix de pièces de la jazzwoman – qui s’est éloignée des clichés pour choisir des chansons comme Petit matin de Sylvain Lelièvre ou Jardin d’hiver de Benjamin Biolay et Keren Ann – nous ravit. Si ses arrangements jazzy demeurent somme toute assez sages et classiques, on ne peut nier que le français va à ravir à la voix chaude au joli accent d’Emilie-Claire.
– Jessica Émond-Ferrat

Agréable
Milo Greene
Milo Greene (3/5)

La vieille méthode de cuisine voulant que mélanger des bons ingrédients ensemble donne forcément un bon résultat s’applique souvent aux artistes. Le groupe californien Milo Greene incorpore à sa musique un peu de mélancolie à la The Smiths par çi, des tonnes d’harmonies vocales à la Beach Boys par là, le tout dans une ambiance indie-folk légère (très recherchée par les temps qui courent) qui rappelle étrangement Of Monsters and Men. Un album qui s’écoute bien de bout en bout, mais qui s’essouffle un peu faute de personnalité. Le groupe sera de passage à Montréal à La Sala Rossa, dimanche.
– Maxime Huard

Fidèle à lui-même
Joshua Radin
Underwater (3/5)

Si c’est grâce à ses musiques pour séries télé comme Scrubs ou Grey’s Anatomy que Joshua Radin s’est fait connaître en 2004, c’est surtout par son premier album We Were Here en 2006 qu’il a confirmé son talent de chanteur et compositeur folk. Underwater, son nouvel album, est à l’image de ce à quoi le chanteur nous a habitués. De longues mélodies, sa voix douce qui murmure de belles paroles, une pointe de mélancolie, et le tour est joué. Joshua Radin est resté le même. Et c’est bien là ce qu’on lui reproche! On aurait aimé qu’il évolue. On apprécie toujours le son, mais écouter Underwater ou We Were Here, c’est presque du pareil au même.
– Anicée Lejeune

Abouti, mais…
Martha Wainwright
Come Home to Mama (2,5/5)

La maison de disques de Martha Wainwright a choisi Proserpina (écrite par sa mère décédée, Kate McGarrigle) pour faire la publicité du quatrième album de la chanteuse, et c’est compréhensible. C’est la chanson la plus accessible du CD, la plus mélodieuse et la plus touchante. On peut dire que cet album est le plus abouti de l’artiste. Toutefois, il faut ramer pour l’apprécier. Par exemple, ceux qui ont une sensibilité harmonique seront au mieux indisposés; au pire, ils auront un haut-le-cœur. L’enchaînement des accords n’est rien de moins qu’une montagne russe impossible. Bye-bye grand succès populaire, malheureusement.
– Eric Aussant

Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt

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