Culture

Cette semaine, Métro craque pour Last Chance U, La petite fille qui devint La Bolduc…

Cette semaine, Métro craque pour Last Chance U, La petite fille qui devint La Bolduc…
Photo: Collaboration spéciale

Cette semaine, Métro craque pour Poésie et thé, Dissident, Pierre Vallières, Last Chance U, La petite fille qui devint La Bolduc, Caféine, La Grande Guignolée Underground et Le temps des chenilles, saison 2.

1. Poésie et thé
Douze artistes, 12 poèmes, 12 théières. Le tout, sur à peu près autant d’écrans. Voilà la jolie et ludique installation vidéo que le Centre Phi nous invite à prendre le temps de déguster, tasse de thé à la main. Derrière une table soigneusement ornée de fleurs, de fruits et, bien sûr, de thé, Lydia Képinski, Yes McCan, Pierre Kwenders, Laurence Lafond-Beaulne et plusieurs autres artistes récitent tour à tour leur poème préféré. Le résultat très éclectique permet de (re)découvrir les mots de Gaston Miron, de Lao Tseu, d’Antoine-Roger Bolamba et de Daria Colonna, notamment. On a particulièrement aimé l’interprétation colorée et sentie de I crashed my bike last night, I was drunk, de Jay Winston Ritchie, par Camille Poliquin, et celle de Vaginoplasty, écrite et récitée par Peaches. Une heure du thé 
inspirante. Marie-Lise Rousseau

2. Dissident, Pierre Vallières (1938-1998)
Tour à tour membre influent du FLQ, journaliste engagé, écrivain prolifique, penseur marxiste, militant chrétien et activiste pour les droits des homosexuels, Pierre Vallières aura été une figure marquante de la gauche québécoise pendant trois décennies. L’auteur de Nègres blancs d’Amérique a finalement droit à une biographie très étoffée (1 291 notes de bas de page!) de la part de l’auteur Daniel Samson-Legault. Richement documenté, Dissident offre un point de vue nuancé sur un personnage controversé, mais se lit aussi comme 
une chronique des turbulentes décennies 1960 et 1970 au Québec. Aux éditions Québec Amérique. Benoit Valois-Nadeau

3. Last Chance U
Il y a beaucoup d’excellentes scènes de football dans Last Chance U, des entraînements musclés aux fins de match-thillers. Il y a aussi beaucoup de jurons – trop en fait. Mais la force de cette série documentaire – dont la troisième saison a quitté le Mississippi pour déposer ses valises au Kansas, dans la ville au nom le plus américain qui soit (Independence) –, ce sont les hommes sous le casque. Un personnel passionné et, surtout, des joueurs souvent attachants, à l’enfance difficile et au parcours cabossé – dans un contexte de surreprésentation carcérale des Afro-Américains –, qui tentent de retrouver les sommets du sport universitaire… ou du moins de ne pas basculer de nouveau dans leurs travers. Sur Netflix. Baptiste Barbe

4. La petite fille qui devint La Bolduc
On aime ces albums qui racontent une histoire vraie, comme celui-ci qui narre la légende de Mary Travers. Lucie Papineau avait déjà signé un fort joli ouvrage illustré sur Louis Cyr. Cette fois, toujours appuyée par les illustrations colorées de Caroline Hamel, l’auteure et journaliste évoque la vie de cette petite fille nommée Mary et qui grandit à Newport, en Gaspésie, avant de devenir la première auteure-compositrice du Québec. Un vrai devoir de mémoire et un fabuleux héritage à transmettre aux enfants. Aux éditions Auzou. Jessica Dostie

5. Caféine
La journaliste indépendante Sara-Émilie Nault publie une anthologie fascinante sur les cafés de quartier qui ne cessent d’ouvrir un peu partout au Québec. Caféine démystifie le processus de la torréfaction et la fameuse «troisième vague», en plus de toucher aux effets environnementaux de la production de la boisson. Grâce aux photographies de Zach Baranowski, on rencontre baristas, producteurs et influenceurs de la scène québécoise indépendante du café. Un ouvrage de 
référence à la fois esthétique et informatif. Aux éditions Parfum d’encre. 
Charlotte Mercille

6. La Grande Guignolée Underground
Ah, le temps des Fêtes, des partys de bureau et des chansons de Noël sur repeat… tant de raisons pour se défouler. Et c’est encore mieux si c’est sur du métal et pour une bonne cause, soit récolter des denrées (non périssables, bien sûr) pour Jeunesse au Soleil. La 11e édition de la Grande Guignolée Underground rassemble le toujours divertissant B.A.R.F. et les décapants Cryptopsy, Necrotic Mutation et Insurrection. Avertissement : entrer dans un mosh pit canne de conserve à la main peut avoir de graves conséquences. Samedi soir, au National. 28 $ à la porte. Carine Touma

7. Le temps des chenilles, saison 2
Après s’être fait montrer la porte cavalièrement par ses parents dans la saison 1, Alix (impeccable Karelle Tremblay) a bougé ses pénates à Montréal. Dans la deuxième saison de cette superbe websérie signée Catherine White, la jeune femme revient pour la première fois au nid familial en compagnie de sa fidèle amie Bibi (attachante Sophia Belhamer). En sept courts épisodes qui flirtent avec le genre fantastique, la réalisatrice aborde avec tendresse, humour et un naturel désarmant les relations familiales conflictuelles, l’amitié et le quotidien des jeunes en région. Les deux saisons sont disponibles sur unis.tv. Marie-Lise Rousseau

Et on se désole pour

Les mauvaises traductions
Les feuilletons qui traitent de la vie politique américaine fascinent, à juste titre. Avec Fire and Fury de Michael Wolff, A Higher Loyalty: Truth, Lies, and Leadership de l’ex-directeur du FBI James Comey, on a l’impression de vivre un épisode de House of Cards dans la vraie vie. Mais, de grâce, éditeurs francophones, accordez plus de temps et d’efforts à la traduction. On pense ici à la récente biographie Becoming (Devenir) de Michelle Obama, vraisemblablement traduite en France en 15 minutes (on ne dit pas «relooking d’intérieur» ici), où on trouve des phrases qui sonnent faux et du vocabulaire qui ne colle pas au registre du reste du livre («strapontin de la présidence», vraiment?). Alexis Boulianne