Culture

Radio-Canada lance le site internet tou.tv: Toute la télé en un seul clic

À l’heure où de plus en plus de gens préfèrent regarder leurs émissions favorites sur le web, Radio-Canada lance tou.tv, un site que la Société d’état décrit comme «la première destination de télévision francophone sur deman­de».

Pour parvenir à ses fins, la SRC a réuni une vingtaine de diffuseurs (dont Télé-Québec, TV5, RDI et ARTV) et de producteurs (dont Cirrus, La Presse Télé, Pixcom et Novem). En ligne depuis hier, tou.tv propose 2 000 heures de contenus en français, et ce, gratuitement.

«On veut franchir le cap des 4 000 heures cet été», a précisé Geneviève Rossier, la directrice générale Internet et services numériques de Radio-Canada. On est très ambitieux.» Contrairement au radio-canada.ca, qui se concentre uniquement sur la télé de rattrapage, tou.tv étend son offre à des émissions qui ont quitté l’antenne ainsi qu’à de vieilles saisons de séries qui sont toujours en ondes.

Parmi les titres qui sont susceptibles de générer le plus de clics au cours des jours et des mois à venir, citons Les hauts et les bas de Sophie Paquin (saison 1), Les Parent, Mange ta ville, 3 600 secondes d’extase, Du tac au tac, Chez Denise et C.A. En 2010, on nous promet aussi l’arrivée de plusieurs émissions qui ont marqué l’histoire du petit écran, dont Jamais deux sans toi, Scoop, Les Invincibles, Les Plouffe, Minuit, le soir et tous les Bye Bye.

Le contenu de tou.tv changera avec le temps. Certains titres s’ajouteront tandis que d’autres seront éventuellement retirés. «Ce n’est pas un gros bloc d’archives, mais bien une plate-forme dynamique, a souligné le vice-président principal de Radio-Canada, Sylvain Lafrance. C’est un projet vivant qui est destiné à évoluer.»

Il faut aussi s’attendre à ce que la sortie du DVD d’une série coïncide avec sa disparition du site. Ce sera le cas d’Aveux, par exemple. «Dans ces cas-là, on fait un black-out pendant un mois, histoire de ne pas nuire aux ventes», a révélé Mme Rossier.

Des investissements importants

Radio-Canada a aussi dû s’entendre avec plusieurs syndicats – dont l’Union des artistes – pour assurer la mise sur pied de tou.tv. L’aventure a nécessité d’importants investissements de la SRC, qui compte maintenant sur la publicité pour assurer une partie du financement du site web. «On invente un nouveau modèle économique», a noté Sylvain Lafrance.

Pour l’instant, aucune émission n’est entrecoupée de messages publicitaires. Ceux-ci sont présentés avant le générique d’ouverture. La société d’État n’exclut toutefois pas l’idée d’inclure des bandeaux publicitaires pendant le visionnement afin de préserver la gratuité du service.

C’est sans grande surprise qu’on constate que TVA ne fait pas partie de l’aventure. Radio-Canada admet qu’elle n’a pas communiqué avec le réseau de Pierre Karl Péladeau lors de l’élaboration de tou.tv, mais demeure ouverte à un éventuel accord avec celui-ci. «Si TVA veut contribuer au site, rien ne l’en empêche», a affirmé Geneviève Rossier. «Je crois qu’on va inventer plusieurs formes d’alliances au cours des prochaines années», a ajouté Sylvain Lafrance.

Télé-Québec, qui diffuse présentement quatre de ses émissions sur tou.tv (Le code Chastenay, Légitime dépense, Les appendices et La vie en vert) promet d’ajouter quelques titres «si tout se passe bien».

Le rayonnement de la francophonie
Pour le milieu télévisuel québécois, l’avènement de tou.tv permettra d’augmenter la place de la francophonie sur le web. «On est dans un océan immense. Il faut que la taille du poisson grossisse», a observé André Provencher de La Presse Télé.

Pour les intéressés, visitez le site de tou.tv.

Articles récents du même sujet