Culture

Clint Eastwood et Invictus: le sport comme réconciliateur

«Pour faire un film comme Invictus, on a besoin de l’Afrique du Sud, de ses habitants, de leurs visages» explique le réalisateur en présentant son Å“uvre. Le film, qui sort vendredi, met en vedette Matt Damon dans le rôle de Francois Pienaar et Morgan Freeman en Nelson Mandela.

Dans Invictus,
Clint Eastwood dirige Morgan Freeman et Matt Damon. Les deux acteurs
incarnent respectivement Francois Pienaar et Nelson Mandela. Le film
raconte l’histoire de la Coupe du monde de rugby de 1995, année ou
Nelson Mandela, qui vient d’arriver au pouvoir, cherche un événement
pour rallier la population de son pays. Le long métrage, qui prend
l’affiche au Québec et en Amérique du Nord le 11 décembre, bénéfice
déjà d’un buzz Oscars avant même sa sortie, comme toutes les Å“uvres de
ce cinéaste, l’un des plus respectés à Hollywood.

Tout de suite, à la lecture du scénario d’Anthony Peckham, Clint
Eastwood a été attiré par l’histoire. «J’ai aimé la manière dont le
scénario était écrit» dit-il, d’emblée. «J’ai aussi apprécié le livre [NDLR: Playing the Enemy: Nelson Mandela and the Game that Made a Nation de John Carlin
ajoute-t-il. Et il précise: «J’ai trouvé que l’histoire était parfaite
pour un long métrage. C’était aussi une manière de montrer comment une
personne extrêmement charismatique peut affecter un pays tout entier en
utilisant sa créativité». Tout de suite, un seul lieu de tournage s’est
imposé: l’Afrique du Sud. «Je ne l’aurais tourné nulle part ailleurs!
Pour faire un film comme Invictus, on a besoin de l’Afrique
du Sud, de ses habitants, de leurs visages» déclare le réalisateur. En
effet, à part quelques acteurs américains ou anglais, les comédiens
sont sud-africains et le long métrage a été tourné dans les villes de
Johannesburg et du Cap de Bonne-Espérance.

La production a d’ailleurs été très bien accueillie dans le pays, et
les personnes portées à l’écran n’ont pas ménagé leurs efforts pour
accorder tout leur soutien aux acteurs. C’est ainsi que Francois
Pienaar a passé des heures avec Matt Damon, «pour qu’il puisse avoir
son accent, son timbre de voix» comme le souligne Clint Eastwood et
aussi pour que le comédien puisse comprendre toutes les subtilités du
rugby. Même Chester Williams, joueur étoile des Springboks, l’équipe de
rugby sud-africaine, a donné son avis au cinéaste… exigeant que la
séquence du match de la Coupe du monde soit filmée de manière réaliste!
«Il m’a tout de suite prévenu que la séquence ne serait pas un match à
la Hollywood, mais du vrai rugby» confie Clint Eastwood avant
d’ajouter, avec un petit sourire, «et, comme vous le savez, c’est un
sport très violent».

Le tournage de cette scène a donc demandé une planification
rigoureuse de sa part. Et, s’il est reconnu par le tout-Hollywood pour
sa rapidité de tournage et le respect qu’il témoigne à ses comédiens,
il a néanmoins porté une attention toute particulière à cette séquence,
en préparant tous les plans avant de mettre sa caméra en marche. «Nous
avons tourné la séquence du match de la Coupe du monde extrêmement
rapidement» explique-t-il. «Il était hors de question d’obliger les
acteurs à rester des heures dans le froid et sous l’eau glaciale que
nous versions sur eux».

Pour Clint Eastwood, Invictus possède un petit côté
«Cendrillon», l’équipe de hockey la plus improbable remportant,
finalement, la Coupe du monde. Et c’est ce match qui illustre la
manière de gouverner de Nelson Mandela qui, pour le réalisateur, «a
dirigé son pays en l’unifiant plutôt que de jouer sur les peurs des
citoyens». Il rappelle aussi, qu’en 1995, «l’Afrique du Sud avait
besoin d’une fête, d’une célébration. Nous faisons d’ailleurs dire à
Nelson Mandela que l’Afrique du Sud a besoin de grandeur». Et, en guise
de conclusion, le metteur en scène raconte: «Oui, j’ai rencontré Nelson
Mandela pendant le tournage et je savais qu’il était enthousiaste à
l’idée que nous fassions Invictus. Du coup, nous n’avons pas du tout parlé du film!».

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