Culture

Gala Artis: Gildor Roy et Sarah-Jeanne Labrosse couronnés

Gala Artis: Gildor Roy et Sarah-Jeanne Labrosse couronnés
Photo: Pablo Ortiz/MétroGildor Roy et Sarah-Jeanne Labrosse

Le mot d’ordre de la soirée était de s’amuser. Du plaisir, la communauté artistique rassemblée au 34e gala Artis en a eu, à commencer par les deux grands gagnants de la soirée : Sarah-Jeanne Labrosse et Gildor Roy.

Avec trois trophées chacun, dont les prestigieux prix de Personnalité de l’année, les deux comédiens avaient de bonnes raisons d’être heureux.

«Je suis fou de joie», a lancé Gildor Roy, qui a profité de sa troisième présence sur scène pour annoncer qu’il deviendra bientôt grand-père.

«Ça me dépasse, ça devient de plus en plus capoté cette soirée-là pour moi!» a pour sa part lancé une Sarah-Jeanne Labrosse heureuse en fin de soirée.

Si la plupart des lauréats étaient plutôt prévisibles, la soirée a débuté avec une surprise de taille : Jean-René Dufort a détrôné Charles Lafortune dans la catégorie des émissions de variétés ou de divertissement. L’animateur aux indélogeables lunettes et aux cheveux longs a souligné le 20e anniversaire d’Infoman. «C’est un peu une thérapie collective», a-t-il dit au sujet de la participation loyale des téléspectateurs à sa satire hebdomadaire de l’actualité. Il a par ailleurs salué sa conjointe, la fameuse Maude qu’on peut voir à chaque fin d’émission : «C’est toujours un plaisir et un honneur de cogner sur ton bureau, même après 20 ans.»

«Je pense que la machine est brisée», Jean-René Dufort, qui a détrôné Charles Lafortune au titre d’animateur d’émission de variétés ou de divertissement.

Parmi les habitués des Artis primés hier soir, il y avait bien sûr Guylaine Tremblay, dont le prix d’interprétation – son 23e trophée – a été présenté lors d’un formidable et hilarant numéro chanté par Florence Longpré, Ève Landry et Mélissa Bédard, les trois comédiennes de la tout aussi géniale série M’entends-tu.

La palme du remerciement le plus original revient à Guy Jodoin, un autre abonné de l’événement, qui a eu la bonne idée de laisser son collègue Alexandre Barrette, en lice dans la même catégorie, livrer son discours de remerciement. «Aïe aïe aïe, sept ans, on ne s’habitue jamais!» a lancé ce dernier, qui a même salué la conjointe de l’animateur du Tricheur : «T’es ma boussole, t’es mon phare. Édith, t’es mes fondations.» Avant que le principal intéressé ne glisse à la toute fin : «C’est exactement ce que je voulais dire.»

Un autre discours désopilant a été celui d’Antoine Bertrand, récompensé pour son personnage du «gros curé» dans Les pays d’en haut. «Ah! Merci public! Public à qui on fait croire que c’est ton gala, mais qu’on assit à la dernière rangée!»  a-t-il déclaré avant, notamment, de dire à sa blonde, la comédienne Catherine-Anne Toupin, de se ramasser, puis de parler des nipples de Jay Du Temple (visibles dans sa chemise translucide) – qui lui ont rappelé qu’il devait acheter du lait.

Unis pour le climat
Vers la moitié du gala, un vent engagé a soufflé sur la soirée jusque-là très bon-enfant. Dans une performance énergique de rap au piano, Émile-Proulx-Cloutier a félicité «les jeunes qui se mobilisent et qui nous bottent le cul avec panache» pour lutter contre le réchauffement climatique. Un numéro très senti que n’aurait pas renié Loco Locass.

Cette performance, qui s’est conclue par une invitation des jeunes en question à marcher pour le climat ce vendredi, visait à présenter le prix de l’animateur de bulletin de nouvelles, qui, sans surprise, a été remis à «encore Pierre Bruneau». Au sujet de la jeunesse se trouvant derrière lui sur scène, le chef d’antenne de TVA a dit : «C’est vrai qu’ils sont stimulants.»

«Ces jeunes sont inquiets, ils ont raison de l’être», a pour sa part déclaré Charles Tisseyre, récompensé une deuxième année de suite pour l’animation de Découverte. Dans un message empreint d’espoir, il a rappelé qu’«on a le pouvoir d’agir. «Les scientifiques savent ce qu’il faut faire, les décideurs aussi.»

Si la défense de l’environnement a eu une place de choix tout au long de la soirée, on ne peut pas en dire autant de la question de la diversité, qui a été complètement évacuée malgré la controverse soulevée par le fait que les 70 personnalités en nomination étaient toutes de race blanche. Rappelons que la faible représentation des minorités dans les productions culturelles québécoises a fait couler beaucoup d’encre au cours de la dernière année, dans la foulée du débat entourant les pièces Slav et Kanata.

Une autre personnalité honorée pour une deuxième année consécutive a été l’animateur de Tout le monde en parle, Guy A Lepage. Il a profité de sa tribune pour aborder un autre enjeu, culturel celui-là : «Il n’y a pas de compétiteurs dans la salle. Nos vrais compétiteurs s’appellent Netflix, Amazon, Spotify, YouTube.»

Soirée festive
Les animateurs Maripier Morin et Jean-Philippe Dion ont voulu créer une ambiance festive tout le long du gala, parfois un peu trop. Piñata, karaoké, danse… Toutes les occasions de s’éclater ont été mises à contribution.

«Ma robe me fait tellement mal», Maripier Morin, ne sachant pas qu’elle était en ondes au retour d’une pause publicitaire

Le gala a commencé avec un traditionnel medley musical. Patsy Gallant et Véronique Claveau en ont assuré le volet disco, Mehdi Bousaidan et LGS y ont ajouté un peu de hip-hop, puis Jay Du Temple a fait rire la galerie en personnifiant un court instant Beyoncé, cheveux au vent en prime.

Bonne idée d’avoir demandé aux gagnants de choisir leur chanson pour aller recevoir leurs trophées. Ça nous a permis d’apprendre que Gildor Roy aime le rap (plus précisément Coolio et Tupac), que Guy A Lepage adore les Dead Obies et que Charles Tisseyre est un grand fan de Plume Latraverse et de son hit Bobépine.

Dommage, par contre, que les femmes en nomination pour le prestigieux titre de Personnalité féminine de l’année n’aient pas eu droit aux mêmes surprises que leurs confrères masculins pour apprendre leur nomination. Alors que les cinq hommes en lice pour le titre de Personnalité masculine ont eu droit à des annonces personnalisées et inattendues, réparties tout au long du gala, les cinq concurrentes ont simplement été nommées les unes après les autres en début de soirée.

Autre bémol, quelques pépins techniques sont survenus, qui nous ont notamment empêchés d’entendre la présentation de Karine Vanasse et d’Éric Bruneau, en plus de causer quelques malaises chez les animateurs.