Culture

36 heures au Festif de Baie-Saint-Paul

36 heures au Festif de Baie-Saint-Paul
Photo: Jay Kearney/Collaboration spéciale Festif de Baie-Saint-PaulJérome 50 au Festif de Baie-Saint-Paul

Le FOMO («Fear of missing out», qui signifie «peur de manquer quelque chose») est à son comble au Festif de Baie Saint-Paul, tant il y a de spectacles intéressants en même temps. Pour en profiter pleinement, il faut faire une croix sur certains concerts-événements.

C’est d’autant plus le cas de Métro, ayant manqué la première journée des festivités. Alexandra Stréliski et Les Louanges, on vous dit à la prochaine fois! Voici quelques moments choisis.

Combattre la canicule dans l’eau… et à la clim
Nouveauté de cette 10e édition du Festif, devenu un incontournable du parcours festivalier hors des grands centres: la scène flottante.

Quelle bonne idée des organisateurs d’installer une scène au beau milieu de la rivière du Gouffre, qui coule au cœur de la petite ville, avec des pneumatiques pour aller apprécier le show dans l’eau. Après Bleu Jeans Bleu vendredi, Jérôme 50 y a interprété ses chansons de camp de jour revisitées (Je m’en vais chasser le lion est devenu Je m’en vais porter mon CV) et quelques morceaux de son album La hiérarchill. Rien de plus chill, justement.

Après une journée de soleil plombant, une pause dans une salle climatisée était la bienvenue. C’est là qu’on a apprécié la voix et les anecdotes de la souriante et rigolote Stéphanie Boulay.

Généreuse, la «moitié blonde» des Sœurs Boulay a interprété avec ses deux musiciens – arrivés sur scène en robe de chambre! – les chansons de son premier album solo nommé Ce que je te donne ne disparaît pas. Ce qu’elle nous a donné sur scène ne s’effacera pas de nos mémoires de sitôt.

Punk, alcool et poudre
Deux groupes punks étaient fort attendus par leurs fans à Baie-Saint-Paul vendredi soir. Tout d’abord la troupe newyorkaise/sans frontière Gogol Bordello, lors d’un rare passage au Canada.

Énergiques et contagieux, les musiciens ont joyeusement foutu le bordel sur la plus grande scène du festival avec leur mélange de styles qualifié de gipsy punk.

Après que son chanteur a répété en criant le mot alcool, quelques minutes plus tard sur une plus petite scène c’est au son du mantra «J’fais d’la pouuuuudre» des Vulgaires Machins qu’a démarré le show de l’emblématique groupe punk Québécois, qui s’est réuni sur scène pour une deuxième fois cet été après une absence de six ans.

«Il y a une couple d’années, on a eu envie de sortir le punk de nos vies, a lancé le chanteur Guillaume Beauregard sous une huée de fans, qui s’étaient visiblement ennuyés d’eux. On se réveille six ans plus tard et on réalise qu’on est encore en criss.»

Charlevoix à l’honneur
La région de Charlevoix a inspiré tant d’artistes au fil du temps. Notamment le cinéaste Pierre Perreault, qui y a réalisé sa mythique trilogie de documentaires sur l’Isle-aux-Coudres.

À leur tour des chansonniers se sont inspirés de ces œuvres. C’est le cas de Philémon Cimon, dont le magnifique plus récent album, Pays, a été enregistré dans sa région natale. Il en a livré quelques chansons seul à la guitare, avec Pomme aux chœurs, devant un public fasciné, assis sur le gazon dans la cour à Johanne.

Vêtu d’un t-shirt Pour la suite du monde, le auteur-compositeur-interprète semblait heureux de présenter son «show sur Charlevoix, dans Charlevoix» pour la première fois.

Tire le Coyote s’est lui aussi inspiré de le trilogie de Pierre Perreault, notamment de son premier volet pour sa chanson Le fantôme de Sainte-Berthe, qu’il a interprétée au bout du quai de Baie-Saint-Paul, avec la dite île juste derrière lui dans le magnifique décor. La douce brise du fleuve dans les cheveux, on n’aurait pas pu demander mieux. Lui non plus: «Merci, vous avez été magnifiques, c’était le fun au bout!»