Oscars: un semblant de suspense…
Dans quel genre cinématographique classera-t-on la cérémonie des Oscars de dimanche? Selon toute vraisemblance, la soirée ravira les fans de comédies. Avec James Franco et Anne Hathaway à l’animation, les rires sont quasi assurés. Le gala devrait aussi procurer sa part de drame.
Pour garder les yeux des téléspectateurs rivés à leur petit écran pendant quatre heures, les élus auraient avantage à pleurer pendant leurs remerciements. On ne leur demande peut-être pas
d’aller jusqu’à imiter Halle Berry et de fondre en larmes dès leur arrivée au micro, mais à tout le moins de montrer de l’émotion.
La fête du septième art pourrait également plaire aux amateurs de films d’action en offrant un ou deux numéros à grand déploiement. Pour ce qui est du volet musical, Céline Dion s’en charge. La diva québécoise poussera la note sur la pièce Smile pendant le traditionnel hommage aux disparus.
De tout pour tous les goûts, cette 83e soirée des Oscars diffusée à l’antenne de CTV et d’ABC? Pas vraiment. Parlez-en aux aficionados de suspense, qui devront peut-être syntoniser d’autres chaînes pour ressentir un peu de stress. Ils se mordront plus les ongles à regarder les acrobaties circassiennes de Jasey-Jay Anderson et de Manon Réhaume au Défi des champions à TVA. Même les questions de Guy A. Lepage à François Legault à Tout le monde en parle risquent de créer des moments de plus grande tension. Pourquoi? Parce qu’on ne connaît pas encore les réponses… ce qui n’est pas tout à fait le cas avec les Oscars.
Cette année, la course aux statuettes dorées semble être gagnée d’avance dans la majorité des catégories, à commencer par celle du Meilleur film. Si la tendance se maintient, l’Académie des arts et des sciences du cinéma couronnera The King’s Speech. Depuis sa déconfiture aux Golden Globes, le drame royal de Tom Hooper balaie tout sur son passage. Hormis sa consécration aux BAFTA, le pendant britannique des Oscars, il a survolé les galas des Guildes américaines : celle des producteurs et celle des comédiens. Au cours du mois de février, il n’a laissé que des miettes à son plus proche rival, The Social Network, qui – jusqu’à tout récemment – comptait pourtant sur un vent favorable. À son grand désespoir, ce chouchou de la critique a perdu le momentum et il ne semble pas prêt de le retrouver.
Seul David Fincher paraît en bonne position pour sauver la mise en l’emportant dans la catégorie du Meilleur réalisateur. Depuis la sortie de Black Swan, Natalie Portman conserve pour sa part la même vitesse de croisière : la cinquième. La future maman collectionne les trophées pour son portrait d’une ballerine troublée et troublante dans le thriller psychologique de Darren Aronofsky. En nomination pour sa performance dans The Kids Are All Right, Annette Benning jouera une fois de plus les seconds violons dimanche soir. Après s’être fait coiffer au fil d’arrivée à deux reprises par Hilary Swank (en 1999 et en 2004), la conjointe de Warren Beatty mordra une fois de plus la poussière face à une collègue plus jeune qu’elle.
Pas de surprise en vue non plus du côté de l’Oscar du Meilleur acteur, qui sera décerné à Colin Firth pour son interprétation du prince Albert dans le drame The King’s Speech. À moins d’un cataclysme, le Britannique aura la chance de donner son propre discours du roi au Kodak Theater de Los Angeles.
À bien y penser, seule la catégorie du Meilleur film en langue étrangère – dans laquelle figure Incendies – nous donne du fil à retordre dans l’élaboration de nos prédictions. Par le passé, l’Académie s’est souvent montrée imprévisible dans sa sélection.
Et rien que pour ça, nous serons scotchés à notre téléviseur ce week-end… en nous rongeant les ongles.
La 83 soirées des Oscars
À l’antenne de CTV et d’ABC
Dimanche soir à 20 h