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Denis Villeneuve: «C'est un rêve que je n'avais plus»

Marc-André Lemieux - Métro

C’est avec des cris et des larmes de joie que Denis Villeneuve a accueilli la nouvelle de la nomination d’Incendies aux Oscars mardi matin.

Entouré des producteurs du film et branché sur le web, le réalisateur québécois a appris la bonne nouvelle aux alentours de 5 h 30, depuis un chalet en Utah, où il participe au Festival de Sundance. «On s’est fait des crêpes et du café très, très fort, a-t-il raconté lors d’une conférence de presse télépho­nique. Quand ils ont commencé l’annonce des finalistes, c’était un silen­ce d’église, mais aussitôt qu’on a entendu le mot Canada, on s’est mis à sauter partout comme de vrais enfants! Tout le monde a pleuré.»

«C’est un rêve que je n’avais plus. C’était quelque chose qui, pour moi, était rendu hors de portée, a-t-il poursuivi. Mais quand tu apprends la nouvelle, tu te départis assez rapidement de tout le cynisme que tu peux avoir par rapport aux remises de prix, à tout ça. Tu retombes directement en enfance, quand tu regardais ça à la télé.»

La nomination officielle d’Incendies survient au terme d’un long processus de sélection enclenché il y a 3 mois avec le dévoilement des 65 longs métrages dans la course pour être désignés Meilleur film en langue étrangère. Denis Villeneuve dit avoir réussi à contenir sa nervosité durant la majeure partie de cette période «un peu infernale». «Je me suis coupé mentalement et émotivement du processus. J’avais décidé de ne pas y penser tous les matins», a-t-il expliqué.

Sa stratégie a porté fruit jusqu’à ce qu’il décide de sabrer le champagne dans la nuit de lundi à mardi – afin de célébrer le succès du film – à quelques heures du moment fatidique. «À l’instant précis où j’ai ouvert la bouteille, mon cÅ“ur a flanché et je me suis dit : « Ah non… » Le stress est embarqué, mais tellement raide. Je n’ai pas beaucoup dormi», a-t-il déclaré. D’une grande humilité, Villeneuve a tenu à partager son triomphe avec l’auteur de la pièce de théâtre qui a inspiré Incendies, Wajdi Mouawad. «Il faut rendre à César ce qui appartient à César : ça revient à Wajdi.»

Villeneuve demeure lu­cide quant à ses chances de monter sur la scène du Kodak Theatre le 27 février. Incendies se mesurera à In a Better World (Danemark), gagnant du Golden Globe dans la catégorie Langue étrangère, Dogtooth (Grèce) et Hors-la-loi (Algérie). La plus grande menace vient toutefois du Mexique avec Alejandro Gonzalez Inarritu et son Biutiful. «Je suis en compétition avec Inarritu. C’est absurde. Je suis un de ses plus grands fans», a dit Denis Villeneuve.

«Juste le fait d’être en nomination, pour moi, c’est sincèrement gigantesque. Je ne m’attendais pas à vivre ça un jour dans ma vie», a-t-il ajouté. C’est à sa conjointe que le réalisateur québécois a donné son premier coup de  téléphone après l’annonce des résultats. Il a par la suite envoyé un message texte à ses enfants. «Je sais qu’ils n’ont pas le droit d’utiliser leur cellulaire à l’école, mais là, je m’en foutais!» s’est-il exclamé.

Attache ta tuque!
Les prochaines semaines seront mouvementées pour Denis Villeneuve qui devait, mardi soir, rencontrer les bonzes de Sony Pictures Classic, le distributeur américain d’Incendies, pour connaître les détails de son agenda en février. Quant à l’impact qu’une nomination aux Oscars aura sur sa carrière, le réalisateur se montre prudent. «Ça va changer quelque chose si je suis capable d’écrire un bon film, a-t-il dit. Tout repose sur le travail que je vais consacrer au prochain projet.»


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