Culture
08:34 30 juin 2020 | mise à jour le: 30 juin 2020 à 08:34 temps de lecture: 4 minutes

Le petit retour de la Grande Bibliothèque

Le petit retour de la Grande Bibliothèque
Photo: Josie Desmarais/MétroLes employés de la Grande Bibliothèque ont été formés pour appliquer les mesures sanitaires tout en servant le public, assure la direction

Après une fermeture de quatre mois, la Grande Bibliothèque reprend vie ces jours-ci, alors que l’institution du Quartier latin se prépare à sa réouverture jeudi.

Lors du passage de Métro la semaine dernière, les employés, masqués évidemment, s’affairaient dans les coulisses pour préparer le retour des usagers.

La Grande Bibliothèque aura toutefois un visage bien différent.

Comme dans tous les lieux publics, le plexiglas a fait son apparition, pandémie oblige.

Et les passionnés de lecture qui aimaient déambuler dans ses allées à la recherche de leur prochain bouquin devront patienter, car pour un temps, la bibliothèque aura davantage des airs de comptoir postal.

Dans sa nouvelle configuration, il ne sera plus possible pour les usagers de choisir eux-mêmes leurs livres sur les rayons. Ils devront plutôt les réserver en ligne ou au téléphone.

«Si on réserve un livre, un film et une revue, le préposé fait le tour des étages de la bibliothèque pour aller chercher chaque item, comme les utilisateurs le feraient en temps normal. C’est complexe!» avoue Luci Tremblay, directrice des communications et de la programmation.

Une fois leur requête assemblée par les employés, les usagers seront contactés et pourront se rendre sur place pour réclamer leurs emprunts.

En période de pointe, la Grande Bibliothèque peut accueillir jusqu’à 1000 personnes à la fois. Cette capacité est maintenant réduite à 50 visiteurs.

La visite se résumera essentiellement au grand hall, où les usagers feront la file (on n’y échappe nulle part!) pour recevoir leur commande.

Les tables de travail, les postes informatiques ou les fauteuils de lecture seront inaccessibles au public dans cette première phase de déconfinement. Exit également la consultation des archives de la Collection nationale.

Même les livres eux-mêmes devront être mis en quarantaine. Par mesure de sécurité, les documents empruntés devront passer 72 heures dans des bacs fermés à leur retour avant que des employés ne les replacent sur les rayons.

«Pour nous, ce sont des défis logistiques majeurs, insiste Sébastien Nadeau, directeur des services au public qui a orchestré cette réorganisation.

Et le public de la Grande Bibliothèque?

En temps normal, la Grande Bibliothèque est la plus grande institution du genre dans la province avec près de 500 000 abonnés et 3,5 millions de documents.

L’endroit attire en moyenne 7 000 visiteurs par jour, pour étudier, lire, travailler ou utiliser les postes informatiques.

Comme tous les autres endroits publics, la Grande Bibliothèque est maintenant limitée à une fréquentation maximale de 50 personnes à la fois.

Le public sera-t-il de retour malgré la crainte d’une deuxième vague? «C’est la grande question», admet Sébastien Nadeau.

«Si on regarde les bibliothèques déjà ouvertes, c’est vraiment tout l’un ou tout l’autre. Les petites bibliothèques n’ont pas beaucoup d’achalandage. Mais pour les bibliothèques qui desservent des populations assez importantes, c’est majeur. On parle de cinq fois le nombre quotidien de réservations et d’un achalandage presque record. On a hâte de voir!»

Deuxième phase

Les mesures annoncées font partie de la première phase de déconfinement de la Grande Bibliothèque.

Une deuxième étape devrait suivre prochainement, espère son directeur général Martin Dubois.

«Tout changement est tributaire de la limite de rassemblement émise par la Santé publique. Présentement, la limite est de 50 personnes. Si la prochaine limite est portée à 250, on pourrait reprendre certaines activités», explique-t-il.

«Il faudra trouver un équilibre entre les gens qui s’installent pour travailler et ceux qui circulent dans le bâtiment. On va suivre à lettre les directives de la Santé publique. On a vraiment une approche très prudente. Et on demande aussi aux gens d’être très prudents.»

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