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Une bonne cuvée de l'École de nationale de l'humour

Marc-André Lemieux - Métro

Les finissants de l’École nationale de l’humour ont proposé, mercredi à Montréal, un spectacle éclectique (dans les styles avancés) mais homogène (dans la qualité des numéros présentés).

Aucun d’entre eux n’est parvenu à éclipser ses compagnons; personne n’a volé le show, personne ne s’est embarrassé. Les membres de cette cuvée 2011 ont plutôt offert une soirée divertissante et vivifiante, faite sur mesure pour le public aussi chaleureux qui remplissait le Club Soda.

Composant 40 % de la cohorte, les filles ont su tirer leur épingle du jeu, à commencer par Maude Morissette. En dépit de sa «face de pas pertinente», cette petite blonde à l’enthousiasme débordant a réussi à s’attirer la sympathie – et les rires – de la foule grâce à un surprenant monologue sur son passé de rejet. «J’ai l’Å“il gauche comme un col bleu : on dirait qu’il regarde l’autre travailler!» a-t-elle lancé.

Mère de famille débordée ayant abandonné sa carrière de ballerine en raison de son amour pour les chips, Annie Deschamps a déridé l’auditoire en parlant de sa famille, et plus précisément de sa belle-mère mexicaine, Pépita, qui gît sur son sofa. D’un naturel désarmant, la fille d’Yvon Deschamps et de Judi Richards a rapidement capté l’attention du public. «Je suis tellement énervée de sortir de chez moi que je me suis quasiment rasé les jambes!» a-t-elle déclaré en ouverture.

Après avoir déstabilisé la salle avec une entrée en matière fascinante – mais parfois ardue – sur le chiffre 12 (le genre de délire cérébral dont raffole André Sauvé), Frédérick Rouleau a rallié l’ensemble des spectateurs en ajoutant une bonne dose d’autodérision à son discours. On salue aussi l’originalité et l’intensité d’Émilie Bolduc qui en a fait sourciller plus d’un en exprimant le souhait de vivre dans une tragédie grecque.

Du côté masculin, soulignons l’humour irrésistiblement absurde de Jean-Christophe Surette. Cet Acadien a mis le Club Soda dans sa poche grâce à une série d’observations sur la rage au volant et son incapacité à piquer une crise. Vêtu d’un complet jaune moutarde démodé, Gabriel D’Almeida Freitas a évoqué les belles années de Michel Courtemanche en présentant un numéro de mime inégal, certes, mais joyeusement cartoonesque. On se souviendra longtemps de sa grande finale à la Matrix. De la haute voltige physique.

Par ailleurs, Dominique Bottex-Ferragne a montré qu’humour à connotation raciale et bon goût peuvent faire bon ménage. Né d’un père haïtien, ce charismatique jeune homme a truffé son monologue de quelques jolis clins d’Å“il politiques. «Montréal est une ville riche… en nombre de pauvres», a-t-il affirmé.

Quelques répliques punchées bien placées ont permis à Pascal Cameron de récolter des applaudissements nourris. «PK Suban, c’est le gars qui a prouvé que si les Noirs décident de jouer au hockey, il n’y aura plus de Blancs dans la Ligue!» s’est-il exclamé.

En ouverture, Michel-Anthony Schmit-Craan a fait bonne figure en dépit d’un humour souligné au marqueur jaune. Le récit des célébrations entourant son 24e anniversaire s’est avéré distrayant. «Je me sentais comme dans un épisode de Trauma mais avec de l’action», a-t-il raconté.

Philippe Roy a conclu la soirée en point d’exclamation avec une frénétique histoire de pêche. De sa voix de «sirène qui fume des Export A vertes», le comique a subjugué l’auditoire en mettant de l’avant ses talents de conteur et surtout, sa personnalité plus grande que nature.

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