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Guillaume Canet: petits mensonges entre amis

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Les petits mouchoirs, ce sont les mensonges qui composent le quotidien, affirme Guillaume Canet. «Vous savez, ces petits mouchoirs qu’on met sur les choses qu’on ne veut pas reconnaître de soi ou des autres, parce qu’on se dit que c’est suffisamment petit, que ça ne sert à rien d’en parler, que ça va heurter l’autre… alors que ça a beaucoup d’importance.»

Les petits mouchoirs est le premier film réalisé par Guillaume Canet dans lequel il ne tienne aucun rôle. C’est que, paradoxalement, son troisième long métrage, dans lequel les acteurs en vedette sont tous des amis du réalisateur, est largement inspiré d’événements autobiographiques. «Au départ, je voulais jouer dedans, mais je me suis rendu compte qu’il y aurait un truc un peu trop schizo là-dedans, explique le comédien, rencontré à Montréal. Il y a beaucoup de moi dans chaque personnage.»

Dans Les petits mouchoirs, on entre dans l’intimité d’une bande de copains qui se réunissent chaque année dans la maison de plage de Max (François Cluzet), restaurateur en moyens. Mais peu avant le départ, un des membres du groupe, Ludo (Jean Dujardin), est victime d’un accident de la route et se retrouve plongé dans le coma. Les autres amis décident de partir quand même, mais l’événement provoquera diverses réactions et conduira chacun à révéler un côté peu reluisant de sa personnalité.

Guillaume Canet affirme que le film lui a permis de repenser à certaines choses de sa propre vie. «Et un tournage aussi personnel, ça se vit différemment, croit-il. Il y a une implication qui n’est pas la même, on a envie de le réussir encore plus que n’importe quelle autre Å“uvre qu’on pourrait faire.»

Vu l’aspect intime du projet, au moment même de l’écriture, Canet avait déjà en tête les comédiens auxquels il ferait appel pour jouer la bande d’amis de son film : ses propres amis acteurs, dont sa compagne, Marion Cotillard. «Elle et moi, on se connaît depuis 14 ans, rappelle-t-il. Je suis ami depuis longtemps avec Gilles Lellouche; j’ai déjà travaillé avec François Cluzet; j’ai rencontré Jean Dujardin quand j’avais 10 ans, je crois… Je pensais donc beaucoup à eux en écrivant, parce que j’avais envie de réunir une bande qui fonctionnerait à l’écran.» Un exercice qui s’est avéré fort agréable tout en comportant son lot de difficultés, assure-t-il.

«Ç’a été difficile pour moi de faire la part des choses et d’être à la fois le patron et l’ami, révèle Canet. C’était dur de prendre du recul, car les gens de la distribution étaient pour la plupart des amis de longue date, et entre eux aussi. D’un côté, ça permettait une « vraie vérité » à l’image, puisqu’ils se con­naissent réellement depuis longtemps. Mais en même temps, ça n’a pas été évident à gérer puisqu’ils se sentaient comme s’ils étaient en vacances!»

Mon ami, je t’aime
Si les deux heures et demie que dure le film tendent plus souvent vers les larmes que vers le rire, c’est un message d’espoir que Guillaume Canet souhaitait transmettre. «Il y a une prise de conscience qui se fait; les personnages se rendent éventuellement compte qu’ils ont été égoïstes, qu’ils sont passés à côté de plein de choses, que la vie va vite, résume-t-il. On a souvent envie de vivre pour soi et on oublie alors de le faire pour les autres. Mais c’est primordial, en fait, pour être heureux. Il faut profiter des gens pendant qu’ils sont là.»

Les petits mouchoirs

En salle dès vendredi

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