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Godin: portrait d'un député-poète engagé

Quand on évoque Gérald Godin, on pense à l’homme de lettres et à son engagement envers le Québec. C’est la vie de ce personnage marquant de la province que le réalisateur Simon Beaulieu met en avant avec son documentaire Godin. «Lors de la réalisation de mon précédent
long-métrage sur Serge Lemoyne, j’ai compris que j’avais des lacunes sur l’histoire du Québec», confie Simon Beaulieu.

À partir de cette prise de conscience, il se plonge dans des ouvrages québécois : histoire, essais, littérature, poésie ou encore films sur les années 1960-1970. C’est lors de ce processus de recherche qu’il découvre Gérald Godin. «Je me suis dit : « Mon dieu, quel personna­ge fascinant! »se souvient le réalisateur. C’est un homme mécon­nu dont la vie mérite pourtant d’être racontée.»

Construit à partir d’archives et de témoignages comme celui de Denys Arcand, d’André Gervais, de Jacques Godbout, de Jacques Parizeau ou encore de Brigitte Sauriol, Godin retrace le parcours d’un combattant. «Tout le monde appréciait Godin, pour son implication, mais surtout pour son humanité», confie Simon Beaulieu.

Il était poète, journaliste, ministre… Et il a été un acteur de premier plan dans les bouleversements socio-politique des 50 dernières années. «Il était journaliste pendant la période révolutionnaire, puis il a édité des livres importants, il s’est fait arrêter pendant la crise d’Octobre, il a battu, dans son comté, le premier ministre, Robert Bourassa, qui l’avait mis en prison. Il a eu une relation tumultueuse avec la chanteuse Pauline Julien. Puis, son combat contre le cancer… Sa vie était faite pour le cinéma», explique le réalisateur.

Avec Godin, Simon Beaulieu veut également raconter un pan de l’histoire du Québec. «Cette envie de construire un projet québécois, évidemment par le chemin de l’indépendance, ça me touchait beaucoup.» L’occasion également d’établir un pont entre les générations et d’expliquer ce qu’était le Québec de cette époque. «Il y a une faillite collective au sujet de l’histoire du Québec. C’est l’occasion de transmettre des idées qui font partie de notre culture», souligne-t-il.

Ce dernier précise, néanmoins, que son documentaire n’est pas engagé. «Choisir de faire un film sur Godin, c’était forcément faire un film indépendantiste, parce qu’il l’était. Mais je ne suis pas un militant politique actif. Et je n’ai pas l’impres­sion de donner mon opinion sur le monde ou a politique. S’il y a une quelconque forme d’engagement, c’est plus dans la démarche, qui relève d’un devoir de mémoire», conclut Simon Beaulieu.

Godin
En salle dès vendredi

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