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Le rêve américain d'une petite chorale belge

Deux minutes et 27 secondes. Voilà le temps qu’il a fallu à Hollywood pour changer le destin des frères Kolacny et de leur petite chorale belge.

La carrière de Scala est passée en cinquième vitesse l’automne dernier lorsque sa version piano-chant du célèbre Creep, de Radiohead, a été retenue pour la bande-annonce du film The Social Network. Juxtaposée aux images du réalisateur David Fincher, la pièce a charmé le public, qui s’est aussitôt rué sur le web pour en savoir plus sur l’ensemble vocal responsable de cette étonnante relecture.  «Pour nous, c’est énorme, indique Stijn Kolacny au téléphone. Je me souviens de la première fois que j’ai vu l’extrait au cinéma : c’était un grand moment.»

Depuis la parution de la bande-annonce, le téléphone ne dérougit pas. Les demandes fusent de toutes parts : des États-Unis, de la Russie, de l’Espagne… De nouveaux marchés qui s’ajoutent à des territoires déjà conquis, comme l’Allemagne, la France et les Pays-Bas, où Scala a l’habitude de donner de 100 à 140 concerts annuellement.

L’ensemble vocal des frères Folackni revient à Montréal deux ans après
avoir présenté, au Festival Juste pour rire, un immense concert
extérieur avec 200 choristes québécois. Que les mélomanes qui assisteront au spectacle de dimanche soir au Club Soda se rassurent, Creep figure parmi les chansons que la troupe prévoit interpréter. Également au menu, Ironic, d’Alanis Morissette, Nothing Else Matters, de Metallica, et I Feel You, de Depeche Mode, pour ne nommer que celles-là.

Au total, une vingtaine de choristes fouleront les planches de l’enceinte montréalaise. Des jeunes filles âgées de 14 à 20 ans qui ont épaté la galerie lors d’une des deux journées d’audition que les frères Kolacny organisent chaque année. «Les filles peuvent chanter dans la troupe quand bon leur semble. On ne les oblige pas à nous suivre partout, précise Stijn. C’est pour ça qu’on a besoin d’un pool de 200 choristes : pour qu’on puisse instaurer un système de rotation.»

Fondé en 1996 dans le village d’Aarschot, dans la Belgique néerlandophone, Scala a tout d’abord suivi le parcours de la plupart des chorales traditionnelles, participant à de nombreux concours et festivals. C’est au tournant du millénaire que la trajectoire du chÅ“ur a pris un tournant qu’on pourrait qualifier d’indie-rock. «On a voulu changer notre répertoire, raconte Stijn. Nos choristes aimaient bien les classiques, mais en dehors des répétitions, elles écoutaient uniquement la radio pop.»

Décriée par les puristes, la métamorphose a connu un succès instantané auprès du grand public. S’en sont suivis plusieurs albums et des prestations live de plus en plus élaborées alliant chant et projections vidéo. De la furieuse Smells Like Teen Spirit, de Nirvana, à la funky Under the Bridge, de Red Hot Chili Peppers, en passant par la dansante Can’t Get You Out of my Head, de Kylie Minogue, et la mélancolique With or Without You, de U2, les reprises de Scala fusent de toutes parts depuis bientôt une décennie. «On pourrait comparer Scala à un groupe rock avec une vingtaine de lead vocals, souligne Stijn. Scala, c’est beaucoup plus qu’une chorale avec un accompagnement au piano. Enfin, je crois.»

Scala & Kolacny Brothers

Au Club Soda
Dimanche soir à 20 h

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