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Dany Boon: «Je n'ai pas peur qu'on m'allume»

Jérôme Vermelin - Métro France

Après le succès des Cht’is, avez-vous tout de suite trouvé l’idée de Rien à déclarer?
J’en ai eu l’idée avant la sortie des Cht’is et j’ai mis deux ans à l’écrire. En temps normal, ça m’aurait pris un an. Le succès m’a «permis» de gamberger un an de plus! Pas par blocage, mais plutôt en raison de tous ces gens qui venaient me voir dans la rue pour me dire combien ils avaient aimé les Cht’is. Je ne voulais pas les décevoir.

Comment s’assurer qu’on a assez de recul par rapport à son travail après un tel succès?

Je fais très attention à ça. Lorsque je donne mon scénario à relire, je dis : «Allumez-moi!» Il ne faut surtout pas me prendre avec des pincettes. Je fais confiance à ma femme Yaelle pour ça. Elle est directe et franche, elle dit les choses. C’est la même chose avec mes producteurs chez Pathé. Je leur demande d’être impitoya­bles car, comme je le répète souvent, je n’ai pas la science infuse.

Comment a germé l’idée de Rien à déclarer?
Le point de départ, c’est lorsque je suis repassé par la frontière franco-belge, 20 ans après Schengen. Je me rappelais les douaniers, les commerçants, d’une vie économique très dévelop­pée… Et tout a disparu. Je me suis retrouvé dans un no man’s land, une rue aride comme dans un western. Je me suis dit que ça ferait un bon film.

Les blagues franco-belges, ce n’est pas très nouveau. Comment faire pour ne pas tomber dans les clichés?
Le personnage joué par Benoît [Poelvoorde] étant très excessif, très raciste, il fallait faire attention à ce que ça ne soit pas pris pour toute la Belgique. Je fais le portrait d’un Belge victime de sa propre connerie et qui va devoir changer.

L’opposition franco-belge est plus violente que l’opposition Nord-Sud dans les Cht’is…
Le sujet du film, c’est clairement le racisme. Cepen­dant, si le personnage de Benoît est violent, il a aussi des côtés attachants. Il n’y avait que Benoît pour jouer un gros con pareil! Ensuite, ça reste une comédie. Et comme il n’y a pas de différence ethnique ou religieu­se entre Belges et Français, comme on parle la même langue et comme on a la même couleur de peau, j’ai pu aller très loin dans le racisme. Prenez les mêmes blagues avec des Noirs ou des Arabes et ce n’est plus drôle du tout!

Avez-vous été inspiré par la crise politique en Belgique?

Le gouvernement belge a explosé trois semaines après le début du tournage. Benoît m’a dit : «Mais tu es devin ou quoi?» Si bien que les Belges font un parallèle direct avec ce qu’ils sont en train de vivre. Là-bas, ce film a mieux démarré que les Cht’is!

Vous avez écrit pour Poelvoorde. A-t-il emmené le personnage au-delà de vos espérances?

Oh oui! C’est un acteur de génie. Il peut tout jouer et, au naturel, il est excessivement drôle. En même temps, il a un côté très sombre qui le rend parfait pour le rôle. Je suis son fan!

On dit souvent que les grands comiques sont aussi de grands angoissés. C’est vrai pour Benoît comme ça l’est pour vous, non?

Je reste assez anxieux mais, pendant un certain temps, j’étais carrément dépressif. Aujourd’hui, ça va… Mais je suis très hypocondriaque. Je fais des examens médicaux tout le temps, je suis très angoissé par la maladie. À la sortie du film, j’ai eu très mal au ventre, j’ai cru d’abord que j’avais l’appendicite. Ensuite, j’ai fait un détour par le cancer du pancréas, puis j’ai pensé à l’ulcère! Chaque fois, je prends les médica­ments adéquats. Le problème, c’est que les pharmaciens me vendent un peu ce que je veux…

Rien à déclarer
En salle dès vendredi

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