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GRUBB: De l'amour bien mérité

Jessica Edmont-Ferrat - Métro

Les jeunes Roms tout droit arrivés de Serbie qui forment la distribution de GRUBB (Gypsy Roma Urban Balkan Beats) avaient le trac, hier, avant d’entrer en scène, a confié le metteur en scène Serge Denoncourt. Pas parce qu’ils avaient peur d’offrir un mauvais spectacle, mais parce qu’ils avaient peur d’être hués – après tout, toute leur vie, ils n’ont provoqué que des réactions négatives.

Mais comme dans tous les pays où elle a présenté son spectacle auparavant, la bande de GRUBB n’a attiré qu’une cascade d’applaudissements nourris et sincères. Et pour cause : les jeunes Roms ont été tout simplement éblouissants.

GRUBB, c’est autre chose, avait prévenu Serge Denoncourt en entrée en matière. Effectivement, il est assez difficile de classer cet événement réunissant musiciens et danseurs/chanteurs/acteurs. La musique est évidemment assez omniprésente dans le spectacle, un savant mélange de modernité et de tradition avec le hip-hop et la musique gitane. Au fil des chansons, les jeunes chanteurs racontent leur réalité avec humour et sensibilité, sans s’apitoyer sur leur sort, mais en mettant bien en lumière les difficultés auxquelles ils doivent faire face chaque jour. Le tout est accompagné de décors et de costumes imaginatifs à souhait, bricolés dans du carton.

Les petits Roms chantant et parlant dans leur langue maternelle, des sur-titres nous expliquent le fil de l’action… Seul petit hic, on n’a souvent pas envie de détacher l’œil de ce qui se passe sur scène pour comprendre, et on choisit de se laisser emporter dans la danse. Entre les chansons, les jeunes, avec humour, abattent un à un les préjugés envers les Roms – ce sont tous des voleurs, ils sont paresseux et ne veulent pas travailler, ils mentent constamment… – des clichés qui ont la vie dure. Le seul qu’ils tolèrent : les Roms savent faire la fête, danser et jouer de la musique. Sourire en coin, ils nous prouvent que ce «cliché» a sa raison d’être, pour notre plus grand plaisir, allant même jusqu’à faire monter des gens sur scène et à aller poursuivre la fête dehors, devant le théâtre.

Au terme du spectacle, on a non seulement été fort impressionné par les grands talents de danseurs et par les voix justes des jeunes, mais on a l’impression, véritablement, d’avoir appris quelque chose. Et on a succombé, à notre tour, au charme fou de ces attachants adolescents.

Serge Denoncourt, son équipe, et surtout, les 27 jeunes chanteurs, danseurs et musiciens de GRUBB peuvent être fiers d’eux et recevoir sans gêne l’amour pleinement mérité que le public leur accordera certainement soir après soir.

GRUBB
À la Salle Pierre-Mercure
Jusqu’au 2 juillet

GRUBB
À la salle Pierre-Mercure
Jusqu’à samedi

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