À bas les tabous avec Eddy King
Eddy King n’a pas peur des sujets tabous. En fait, il se plaît à les rechercher. Le Français d’origine congolaise, arrivé au Québec au cours de l’adolescence, en connaît un bout sur les stéréotypes et la diversité culturelle, et ne se gêne donc pas pour donner son opinion sur ce sujet, et sur bien d’autres également.
«Je parle vraiment de choses qui me tiennent à cœur, qui me dérangent», explique l’humoriste. Il ajoute que, de fait, il ne s’interdit d’aborder aucun sujet. «Franchement, je pense que tout est permis; on peut rire de tout, tant qu’on sait comment le faire. À partir du moment où on a trouvé un angle, on peut s’attaquer à n’importe quoi.»
Ce qui implique, de l’avis d’Eddy King, de savoir de quelle façon aborder un sujet épineux : «La règle d’or, c’est de le faire le cœur léger, sans aucune méchanceté. À partir de là, tu peux parler de ce que tu veux.»
Et c’est ce qu’il fera dans son spectacle 60 minutes avec Eddy King, qu’il présente dans le cadre de Zoofest. Une sorte d’entraînement en public, croit-il, qui permettra aux gens d’avoir un bon avant-goût de ce dont aura l’air son one man show, Le jour où j’ai su que j’étais noir, dont la première montréalaise aura lieu en octobre prochain.
«Je suis un gars assez sympathique, super simple, je ne me prends pas la tête sur scène, décrit l’humoriste. Et je crois qu’à la fin du spectacle, les gens vont avoir l’impression de me connaître personnellement. Mais on a fait en sorte qu’il y ait un contraste entre ma simplicité et l’ampleur du show; ça donne un résultat assez amusant!»
Et puisqu’on parle d’ampleur, Eddy King confesse qu’il entretient des rêves de grandeur : «Mon but ultime serait de finir à Hollywood ou à New York, d’avoir une carrière comme celles de Chris Rock ou de Jerry Seinfeld. C’est ce que je vise… C’est haut, mais si on ne vise pas haut, autant ne pas viser du tout!» lance-t-il en riant.
Entre ses 60 minutes et son one man show, Eddy King se produira en plein air, en première partie de Mario Jean. Ça le stimule. «Pour l’avoir fait la semaine dernière avec Rachid Badouri, je dois dire qu’il faut être prêt psychologiquement à avoir autant de monde devant soi. Arriver sur scène et voir 50 000 personnes… c’estun choc! s’exclame-t-il. Il ne faut pas trop y réfléchir, parce que sinon, tu penses juste au fait que, si tu te fais huer, ça va résonner jusqu’à Pointe-aux-Trembles! Alors, il faut simplement enchaîner de façon directe et jouer gros!»
Rire ou ne pas rire?
Qu’est-ce qui fait rire Eddy King? Même si ses idoles sont les Seinfeld, Chris Rock et compagnie, ce sont plutôt les comiques absurdes – Les Denis Drolet, les Chick’n Swell – qui réussissent à provoquer l’hilarité de l’humoriste.
«Il y a un groupe de la relève, Les Pic-Bois, qui fait dans l’absurde le plus total; chaque fois que je les vois, je me roule par terre. Moi, pour que je puisse rire aux larmes, il faut que ça soit léger comme ça», avoue-t-il.
C’est que, quand il observe le travail de quelqu’un qu’il admire énormément, Eddy King ne rit pas forcément : «Si je regarde un sketch de Seinfeld, je vais trouver ça fort, mais, comme ça se rapproche du genre d’humour que je fais, je suis plutôt en mode analyse… et donc, même si je trouve ça excellent, je ne ris pas!»
60 minutes avec Eddy King
Au Monument-National
Jeudi et samedi à 19 h
Avec Mario Jean
Sur la scène Vidéotron
Samedi à 21 h 45