Soutenez

Borat rencontre Scorsese

Heidi Patalano - Metro World News

Depuis la sortie du film Bruno en 2009, l’acteur comique et scénariste Sacha Baron Cohen est resté loin des feux de la rampe. Après deux ans de réclusion, il fait la promotion du film Hugo. La nouvelle œuvre en 3D de Martin Scorsese raconte l’histoire du jeune bricoleur orphelin Hugo Cabret, qui rencontre le lé­gen­daire cinéaste Georges Méliès en France pendant les années 1930. Cohen in­carne l’inspecteur de la station qui est sur le cas de l’orphelin, lequel s’est s’installé dans le clocher de la gare. Il nous a récemment parlé de sa collaboration avec le célèbre cinéaste Martin Scorsese et de sa contribution au long métrage.   


Nous sommes habitués à voir votre côté irrévérencieux et subversif. Décrivez-nous cette orientation différente que vous avez choisie en jouant le rôle d’une figure d’autorité et d’une personne refoulée sexuellement.

Qui a dit que j’étais refoulé dans ce film? Je prends un bain avec un chien! Ce qui s’est passé sous la mousse ne vous regarde pas! Bien sûr, il y a une petite histoire d’amour entre moi et le personnage d’Emily [Mortimer]. C’est en fait ma première intrigue amoureuse avec une personne autre qu’une prostituée noire ou un homme. C’était donc un peu différent et, en ce qui concerne l’interprétation d’une figure d’autorité, c’est une figure d’autorité rabâcheuse et sinistre, mais il y a de la beauté et de la douceur en lui. Un peu comme les autres personnages que j’ai joués, il représente une combinaison de plusieurs choses.


Dans quelle mesure avez-vous tenu compte du profil de votre personnage et de ce qui lui arrive à la fin du film?

Lorsque j’ai abordé le personnage de l’inspecteur de la station, je voulais savoir pourquoi il était à ce
point obsédé par la chasse aux enfants; s’il était un méchant classique ou si une raison expliquait sa cruauté. J’ai rencontré [le scénariste John Logan] et Martin [Scorsese], et nous avons commencé à nous dire qu’il était peut-être un vétéran de la Première Guerre mondiale et qu’il avait peut-être été blessé – l’idée de l’attelle à la jambe. À l’origine, c’était une fausse jambe. Au cours de la première poursuite, ma jambe était censée être projetée dans la caméra 3D lorsque je tournais un coin. Ç’aurait été le moment le plus grandiose de l’histoire de la 3D… Nous avons pris conscience qu’il était peut-être orphelin lui aussi, qu’il avait été placé dans un hospice et qu’il ne connaissait aucune autre structure. C’est ce qu’il tente d’imposer aux jeunes enfants.


Parlez-nous de votre collaboration avec Martin Scorsese.

Il est très coopératif, ce qui m’a surpris, car je m’attendais à ce qu’il soit un cinéaste-auteur incroyable – ce qu’il est – mais une partie de sa force et de la raison pour laquelle ses films sont si réussis et durables vient du fait qu’il est prêt à collaborer entièrement avec tous ses acteurs. Il était disposé à écouter toutes mes idées. Étonnamment, il était aussi disposé à essayer mes idées les plus absur­des. À chaque étape, il était entièrement prêt à essayer n’importe quelle idée, même si elle était ri­dicule, ce qui était inquiétant pour le producteur et les financiers du film. Pour moi, c’était génial.  


Qu’est-ce que ce film a de magique, selon vous?

Il semble s’inscrire dans le prolongement logique du cinéma que ferait Georges Méliès s’il était vivant. Il utiliserait certainement la 3D. C’est ce qu’il y a d’intéressant à la lumière du débat qui sévit dans le milieu cinématographique en ce moment au sujet du sensationnalisme de la 3D. Martin Scorsese a vraiment montré qu’il s’agissait d’un développement logique du processus cinématographique.

Hugo
En salle des vendredi

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.