Critiques CD de la semaine du 13 au 17 février 2012
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Shearwater, Les Revenants, Alexandre Belliard, The Experimental Tropic Blues Band et Julie Lamontagne.
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Mutation réussie Shearwater Animal Joy (4/5) |
Après sa trilogie Island Arc, qui s’était terminée en 2010 avec The Golden Archipelago, le très prolifique trio texan Shearwater nous amène ailleurs avec Animal Joy. Moins planant, moins dramatique, plus pur, la galette, qui fait la part belle à la guitare et aux beats de batterie, propose une musique très directe, plus accessible, moins détachée. Sans réinventer grand chose, Animal Joy montre néanmoins que Shearwater étudie de nouvelles avenues. Sur des sons plus rock – flirtant avec la pop –, la voix particulière de Jonathan Meiburg fonctionne parfaitement. Si le groupe perfectionne son nouveau son, le prochain album sera très prometteur.
– Vincent Fortier
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Jamais partis Les Revenants Bêtes lumineuses (4/5) |
Ne sont jamais partis, les Revenants. Même que le quatuor nous arrive sous l’étiquette montréalaise C4, écurie des excellents Gatineau et Galaxie. Piloté par Jimmy Beaudoin, ex-guitariste des Prostitputes, le groupe country-rock s’aventure dans la faune musicale avec l’album Bêtes lumineuses, inspiré par feu Pierre Perrault et son film de chasseurs. Sur le chemin, les braconniers visent juste avec des histoires pas bêtes du tout, une esthétique de production rarissime et des arrangements vintage minutieux. Des pièges? Très peu, sinon que la voix s’enfarge parfois dans le trou des guits et les réverbérations.
– Charles-Éric Blais-Poulin
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Patriotique Alexandre Belliard Légendes d’un peuple – Tome 1 (3,5/5) |
Pour marquer ses 10 ans de carrière, Alexandre Belliard a décidé de mettre sa poésie au service de l’histoire du Québec, celle de la Nouvelle-France et des Patriotes. Cet album, qui est le début d’une série, rassemble tous les éléments de la «recette Belliard» : du folk dépouillé, une voix de chansonnier, des emprunts à des poètes (Michèle Lalonde, F.-X. Garneau), des chansons biographiques (Callières, Marie Rollet) et un ton indéniablement souverainiste (Quelque chose comme un grand peuple). Car on sent bien, derrière chaque pièce, la volonté de l’artiste de rallumer la flamme indépendantiste de ses concitoyens. Fédéralistes s’abstenir!
– Benoite Labrosse
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Ça déménage! The Experimental Tropic Blues Band Liquid Love (3,5/5) |
Impossible de faire du troisième album des Belges de The Experimental Tropic Blues Band, Liquid Love, une musique de fond. Proposant un rock très assumé, électrique à fond, plein de joyeuses distorsions, le disque produit par Jon Spencer ne fait pas dans la demi-mesure et fait l’effet, à la première écoute, d’une claque en plein visage. Et le plaisir croît avec l’usage! On se doute que le résultat sera encore plus jouissif sur scène – bien que l’opus ait déjà toute l’énergie du live –, ce qu’il sera possible de constater de visu, puisque le trio assure la première partie d’Été 67, demain à 20 h, à L’Astral.
– Jessica Émond-Ferrat
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Hypnotisant Julie Lamontagne Opus Jazz (3/5) |
Pour son troisième album, la pianiste jazz Julie Lamontagne – qui a également accompagné plusieurs chanteurs, dont Isabelle Boulay et Marie-Élaine Thibert – a choisi de s’amuser toute seule avec des pièces classiques qui ont réjoui sa jeunesse et de leur donner une couleur jazz. Ainsi, l’Hallelujah de Haendel devient L’hymne de Mr. H. On y trouve aussi une Chopinerie et une Rachmania. Ça donne un disque hypnotisant, intéressant à découvrir, même si on ne connaît pas la pièce originale… Ça aide toutefois. Pour ce qui est de l’enregistrement, il est correct, sans plus.
– Éric Aussant
Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt