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7e ciel: cette semaine on craque pour…

Photo: Métropole films

Cette semaine, on craque pour… S’enlever du chemin, biographie de Serge Fiori, Fabrice Luchini dans Molière à bicyclette, le retour de Star Wars Kid, This Must Be the Place, King Dave, la distribution de The Oranges et la biographie de Lucien Francoeur.

Et on se désole pour… La fin de Bande à part.

1. S’enlever du chemin, biographie de Serge Fiori
Avec ses mots et sa musique, Serge Fiori a écrit un des pans les plus marquants de la chanson québécoise. Si les pièces d’Harmonium nous sont familières, la vie personnelle de Fiori nous l’est moins. D’où l’aspect essentiel de la biographie que lui consacre sa confidente Louise Thériault. De sa singulière enfance «à l’italienne» jusqu’à la vie après la dissolution d’Harmonium, en passant par l’achat de sa première «douze cordes» ou l’émergence de sa fibre nationaliste, le récit raconte l’intimité de Fiori avec juste ce qu’il faut de détails pour en préserver l’aura, pour rester à distance respectueuse de ce monument. Une lecture obligatoire. Aux éditions CRAM, présentement en librairie. (Maxime Huard)

2. Fabrice Luchini dans Molière à bicyclette
Ceux à qui le «personnage» qu’est Fabrice Luchini tombe sur les nerfs devront s’en tenir loin. Mais ceux qui, comme nous, adorent le style un peu névrosé et les grandes envolées du comédien seront servis avec son personnage du film français Alceste à bicyclette (devenu ici Molière à bicyclette, pour une raison obscure… mais passons!). Dans cet hommage au métier d’acteur de Philippe Le Guay, Luchini se joue pratiquement lui-même et livre réplique savoureuse par-dessus réplique savoureuse, ne manquant pas de nous faire rire aux éclats aux côtés d’un Lambert Wilson tout aussi solide avec qui il se livre constamment à un duel verbal jouissif. Molière à bicyclette, présentement en salle. (Jessica Émond-Ferrat)

3. Le retour de Star Wars Kid
Quel bon coup que cette entrevue que L’actualité a réussi à avoir avec le légendaire (oui, c’est le mot!) Star Wars Kid. Un bon coup, pas sur le plan de l’image sensationnaliste qu’une telle entrevue exclusive peut projeter, mais plutôt parce que le sujet de l’article, la cyberintimidation, est un phénomène qui a pris de l’ampleur au cours des dernières années. Dix ans après la mise en ligne de la vidéo par des élèves de son école primaire, où on le voit imiter maladroitement un combat au sabre laser, le Trifluvien Ghyslain Raza brise le silence. Son histoire pourrait aider de jeunes intimidés à tenir le coup, dit-il. Il est l’une des premières personnes à avoir vécu les aléas d’une vidéo virale sur le web. Celui qui est considéré comme l’un des personnages les plus importants de la culture internet livre un témoignage inpsirant. Présentement en kiosque. (Rachelle McDuff)
4. This Must Be the Place
This Must Be the Place commence comme un film sur un musicien déchu. Sean Penn devient Cheyenne, une star dépassée au visage magané, au rouge à lèvres qui jure, à la boucle d’oreille discordante, au cerveau qu’on devine grillé par les effets dérivés du rock. Refusant les entrevues, les offres de come-back, les retours de nos idoles, cet hybride entre Ozzy, Gene Simmons et Robert Smith tire son caddie dans les rues de Dublin, souvent seul, sans but, sans fin. Le seul vice auquel il n’a pas succombé, c’est la clope. «Parce que les enfants ont peur de fumer.» Ça s’annonce comme un film sur un musicien déchu, donc. Et puis, soudain, le père de Cheyenne meurt. En laissant derrière lui une carte pour retrouver son tortionnaire des camps de concentration. Et puis, soudain, prise 2, le film part dans une direction complètement différente. Ça déroute, ça laisse un peu perplexe, ça met totalement mal à l’aise. Et ça finit sur un plan incroyable qui donne tout son sens au périple. En DVD. (Natalia Wysocka)
5. King Dave
Bouillant comme un volcan, parlant avec un débit olympique, King Dave ne manque pas de sujets. De sujets dans le sens de «sujets d’histoires à raconter», s’entend. Parce que des sujets dans le sens de «gens dévoués qui feraient tout pour lui», c’est tout autre chose. Oui, le roi Dave est bien seul dans sa cour. De mauvais coup en coup foireux, il vogue, gaffe, s’enfarge et se casse la gueule sous un ciel «qui est encore là pour lui rappeler qu’il n’est pas grand-chose». Avec une force d’exécution épatante, Alexandre Goyette reprend ce solo qui lui a valu des critiques dithyrambiques il y a de cela huit ans. Un solo dans lequel violence et vide se côtoient dangereusement et où le temps gèle parfois «pendant une seconde qui en dure au moins cinq». Fait notable : Podz prépare une adaptation cinématographique de ce monologue. C’est comme qui dirait le moment idéal pour aller le voir en live. Au Prospero jusqu’au 18 mai. (Natalia Wysocka)
6. La distribution de The Oranges
The Oranges est arrivé au Québec directement en DVD, ce qui n’est généralement pas un excellent signe. Toutefois, on y a découvert une charmante comédie dans la plus pure tradition des films «indie», qui ne réinvente peut-être pas la roue (deux familles de voisins inséparables du New Jersey chez qui la bisbille est semée quand le père de la première famille s’éprend de la fille dans la jeune vingtaine de la seconde), mais qui peut compter sur une distribution cinq étoiles. Celle-ci est principalement constituée de vedettes du petit écran, et on prend un certain plaisir à voir réunis Dr. House, Seth Cohen de The O.C., Blair de Gossip Girl et Maeby de Arrested Development. Cette dernière (Alia Shawkat) se révèle particulièrement touchante, tout comme l’interprète de sa mère, la toujours excellente Catherine Keener.Présentement en DVD. (Jessica Émond-Ferrat)
7. La biographie de Lucien Francoeur
Dans un livre aux allures de carnet de route, on découvre le visage poétique, rebelle et rock de celui qu’on surnomme le «freak de Montréal», à l’effigie de la chanson électrique qui a connu un succès immédiat en 1975. Francoeur : le rockeur sanctifié de Charles Messier est destiné à ceux qui veulent se replonger dans l’esprit hippie de la Beat Generation, ou retracer la vie effrénée et remplie d’abus de ce personnage qui a marqué le Québec par sa «poésie rock» axée sur l’américanité. Au fil des pages illustrées de photos et de documents inédits, le rockeur et prof de cégep retraité fait preuve d’un courage étonnant en dévoilant les côtés plus sombres de sa vie, ce qui en fait un ouvrage aussi poignant que complet. Aux éditions VLB, présentement en librairie. (Daphnée Hacker-B.)

MÉTRO EN ENFER

La fin de Bande à part
C’est la fin d’une époque. Depuis que l’annonce en a été faite mardi, des voix se sont déjà élevées un peu partout, tant chez les artistes que chez les mélomanes, pour manifester leur vive déception quant à la décision de Radio-Canada de fermer Bande à part. Tout a donc été dit, mais on ne pouvait tout simplement pas ne pas ajouter notre voix à cette protestation collective. Bande à part aura été une de ces rares plateformes qui osait faire faire de vraies découvertes à son auditoire, qui attirait l’attention des avides de nouveaux sons sur ce qui se passait ailleurs que «dans toutes les oreilles», qui ouvrait la voie à des groupes qui n’auraient pas eu de plateforme autrement, mais qui en méritaient drôlement une. Sonner le glas d’un projet aussi nécessaire à une scène culturelle qu’on dit en pleine effervescence, ça apparaît comme un immense non-sens.
(Jessica Émond-Ferrat)

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