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Samedi de rire au Monument National

Depuis 22 étés maintenant, Juste pour rire propose sa traditionnelle comédie estivale au public montréalais. Cette année, c’est la pièce Un homme, deux patrons qui ouvre le bal avec Marcel Leboeuf dans le rôle principal.

Lundi soir, Métro a assisté à la première de la pièce Un homme, deux patrons au Monument National. Dans une mise en scène signée Normand Chouinard, cette comédie adaptée en 1753 (Arlequin, serviteur de deux maîtres) par Goldoni à partir des improvisations d’un comédien italien, vise surtout à mettre en lumière les talents de comique d’un acteur qu’on imagine surdoué.

Dans l’adaptation québécoise, on plonge dans le Magog du début des sixties. Une jeune femme (Anne-Elizabeth Bossé) veut s’enfuir avec son amant (Sébastien Dodge), parce qu’il a tué le frère jumeau de cette dernière. Compréhensive malgré son deuil, elle se déguise donc en son jumeau afin de toucher une grosse somme qu’on lui promettait s’il acceptait de participer à un mariage de convenance avec une jolie blonde plutôt sotte (Caroline Bouchard). Ensuite, elle embauche un pauvre bougre (Marcel Leboeuf) pour aider son couple à s’enfuir à Saint-Tropez, une fois la somme empochée, mais le hic, c’est que sans le savoir, son amoureux a recruté le même type. Ce qui nous conduira dans un maelström de quiproquos.

Marcel Leboeuf, qui incarne le rôle du pauvre type affamé, fait le pitre dans des scènes tantôt sympathiques, tantôt drôles, souvent prévisibles et parfois tellement au ras des pâquerettes que l’on songeait à certains moments à la célèbre émission Les Tannants de Télé-Métropole ou, heureusement, à des moments plus forts de Samedi de rire. Une ancienne émission comique dans laquelle jouait d’ailleurs le metteur en scène, Normand Chouinard.

Petit à petit, Leboeuf parvient toutefois, en ignorant la convention théâtrale du quatrième mur imaginaire entre la salle et la scène, à créer une certaine complicité avec les spectateurs, malgré l’écartèlement du récit.

Or, il a beau en faire beaucoup, ce n’est hélas pas avec cette pièce que Leboeuf ira rejoindre au panthéon de l’humour du burlesque québécois les grandes performances d’Olivier Guimond ou de Benoit Brière. D’ailleurs, quelques sièges sont restés vides après l’entracte.

Sébastien Dodge, de son côté, tire naturellement bien son épingle du jeu, en grand sec à la fois voyou et combinard. Anne-Elizabeth Bossé est très juste dans son interprétation, mais ce sont Michel Laperrière, en poète aussi exalté que caricaturale (il semble d’ailleurs jouer, avec panache, dans une autre pièce), et Caroline Bouchard qui auront le plus agréablement surpris et amusé l’auteur de ces lignes.

Heureusement pour les quelques spectateurs qui avaient parfois du mal à demeurer concentrer, un trio de musiciens vêtus de rose et arborant une coiffure rockabilly est venu entrecouper les actes de pièces yéyé et sympathiques.

Plutôt moyen.

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