Critiques CD: 3OH!3, Mo Kenney, Pretty Lights…
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de 3OH!3, Mo Kenney, Pretty Lights, Surfer Blood et Raphael Gualazzi.
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Party 3OH!3 Omens Note: |
Le duo américain 3OH!3 (prononcez «three-o-three») fait partie des artistes electropop qui semblent passer leur vie à faire la fête et dont la musique devient addictive. Nathaniel Motte et Sean Foreman nous offre un quatrième album truffé de références destinées à la génération Y. Les paroles sont plutôt puériles, mais parfois rigolotes, comme dans la pièce Two Girlfriends, dont le son ressemble à celui des Beastie Boys, sur laquelle on entend : «I used to have two girlfriends, now I got none, cause my number 2 found out about 1.» Vous voyez le genre? Omens mettra de la vie dans vos partys.
– Rachelle Mc Duff
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Prometteur Mo Kenney Mo Kenny Note: |
La jeune femme d’Halifax entre par la grande porte avec ce premier album produit par l’auteur-compositeur et guitariste établi Joel Plaskett. Mo Kenney se dévoile tout en ballades mi-folk, mi-rock, mais avec une belle audace dans la voix. Le morceau Sucker, pour lequel elle est en lice pour le prix anglophone de la SOCAN, en est un bel exemple. Par moments, comme dans The Great Escape, la simplicité des arrangements de guitare rappelle Scarborough Fair, cette pièce du Moyen-Âge popularisée par Simon and Garfunkel. Après plusieurs écoutes, on se tanne toutefois un peu de la même formule qui revient constamment.
– Émilie Bergeron
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Songé Pretty Lights A Color Map of the Sun Note: |
De la texture, quelques répétitions, des touches de dubstep, de jazz, de funk, de soul, de hip-hop… Non, la nouvelle offrande de Pretty Lights ne fait pas dans le linéaire. Derek Vincent Smith, le musicien originaire du Colorado qui se cache derrière ce nom d’artiste, sait créer des ambiances à la géométrie variable. Les grosses guitares qui ouvrent Prophet, la langueur du violoncelle et l’énergie des trompettes sur One Day They’ll Know… Entouré de musiciens jouant live, PL nous propose un voyage qui plaît, mais qui s’étire parfois. On aime la présence du rappeur extraordinaire Talib Kweli sur Around the Block. Mention à la pochette, au design songé.
– Natalia Wysocka
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Album bleu Surfer Blood Pythons Note: |
Un peu comme Alice Cooper, qui avait hâte de découvrir le groupe Vampire Weekend («ouuuuh, il y a le mot vampire dans leur nom!») jusqu’à tant qu’il entende leur musique («bleh, c’est fade»), ceux qui ne connaissent pas Surfer Blood risquent fort d’être trompés par leur nom. Ni très surf, ni très blood, ce quatuor floridien donne plutôt dans des airs à la Rivers Cuomo pré-album vert. Histoires de filles et de cœurs brisés, harmonies weezeresques elles-mêmes inspirées des Beach Boys… Mais il y a un plus : les hurlements façon Frank Black que le chanteur John Paul Pitts pousse dans des pièces pop au possible. Au final, la bande porte peut-être bien son nom…
– Natalia Wysocka
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Crooner italien Raphael Gualazzi Happy Mistake Note: |
Fougueux, éclectique, le pianiste et chanteur Raphael Gualazzi redonne dans ce troisième album son côté populaire et festif au jazz, dans la même veine que son dernier album. Les envolées des chœurs ne se prennent pas trop au sérieux et le piano prend quasiment les accents latins du chanteur. Venu du jazz et du classique, c’est une «happy mistake» qu’il compte parmi ses influences tant du Queen que des bluesmans comme Muddy Waters. Le mélange de genres permet des adaptations surprenantes, de Verdi par exemple. On se tanne toutefois, à la longue, de ce son très léché.
– Émilie Bergeron




