Le gala d’Éric Salvail, comme un fil Twitter trop alimenté
L’animateur Éric Salvail a lancé hier la vague de galas Juste pour rire, en entraînant le public dans sa dépendance aux technologies. Le succès de la soirée aura toutefois tenu pour beaucoup aux interventions d’invités-surprises, tels que Michel Louvain et Richard Martineau.
Dans un numéro d’ouverture plutôt réussi, l’animateur avoue être depuis tout ce temps l’identité cachée derrière Big Brother, le célèbre personnage inventé par Orwell. Facebook, Twitter, Téquila Heineken, tous des hits qui sont le produit de son omniprésence. Big Salvail aura commencé en force, dévoilant tour à tour de belles surprises, mais le rythme de son gala s’est rapidement engorgé.
Son coming out technologique était pourtant flamboyant, comportant entre autres un lipdub initié par Josélito Michaud, assis parmi les spectateurs, ainsi qu’une reproduction grandeur nature de la célèbre application Angry Birds, avec comme moineau nul autre que Richard Martineau. Le numéro d’ouverture finit en grand avec une chorégraphie de Gangnam Style sous la direction du chanteur de charme Michel Louvain.
Inspirés par la Toile, plusieurs gags étaient dépassés, comme ceux, beaucoup trop nombreux, qui se moquaient de la mauvaise maîtrise des technologies des personnes âgées. Le numéro de Marie-Lise Pilote était par ailleurs réchauffé : elle avait remanié le numéro de la fille des îles dans un lien plutôt tiré par les cheveux avec le thème du gala. Parmi les humoristes invités, Maxim Martin est sans doute celui qui s’est le plus démarqué, insistant qu’avec notre obsession des médias sociaux et des technologies, on régressait dans notre capacité à tenir une conversation et à faire des phrases complètes.
Plusieurs numéros étaient intéressants, mais ont laissé le public sur sa faim, comme ceux avec Réal Béland ou avec Lise Dion. On aurait voulu les voir davantage, et sans l’animateur. Dans l’enchaînement des numéros, on avait un peu l’agaçante impression de passer d’un sketch à l’autre de Dieu merci! Plusieurs apparitions-surprises auront rattrapé la sauce, comme celles de Debbie Lynch-White, la comédienne qui joue la méchante IPL dans Unité 9, ou celles de la pulpeuse Anne-Marie Lozique.
La surprise la plus cocasse, couplée du meilleur sketch, est certainement l’interprétation de François Legault d’un GPS indécis. La réplique pleine d’autodérision «À la prochaine intersection, on va tourner à gauche ou à droite… on verra!» aura semé une pluie d’éclats de rire. Autrement, on aurait pu se passer d’autres numéros, comme celui d’Éric Salvail qui lance sa propre chaîne de télévision. C’est un gala, pas un Bye Bye.
Dans leurs mots
Quelques-uns des bons gags lancés durant le gala d’hier :
- «T’as tellement de plaisir que même quand tu penses au Plan Nord, t’es prêt à te faire fourrer tellement t’as de ressources à exploiter.» Marie-Lise Pilote
- «Ayoye, c’est hot, t’écoutes de la musique dans ton étui à crayon!» Réal Béland, en pointant le baladeur-cassette d’Éric Salvail
- «C’est ça qu’on appelle un défoulement collectif, mesdames, messieurs!» Éric Salvail, catapultant Richard Martineau tel un Angry Bird