Cinéma en Noir et Blanc
Cinquante ans après le discours historique de Martin Luther King, le Festival international du film black de Montréal (FIFBM) est toujours aussi pertinent.
Cent films, douze jours, trente-cinq pays : voilà ce à quoi sont conviés les cinéphiles montréalais au FIFBM, qui se tiendra du 18 au 29 septembre.
Outre le volet strictement cinoche, le Festival a l’honneur de recevoir la visite de Dany Glover. Autre belle visite parmi la cinquantaine de réalisateurs qui se déplaceront : Moussa Touré. Le Sénégalais, auquel on doit La pirogue, causera 7e art tout un après-midi au Cinéma du Parc.
De son côté, Kim Nguyen, sélectionné aux Oscars pour Rebelle, qui raconte la vie d’une enfant soldate africaine, recevra le tout premier Prix Avant-garde du Festival, qui fête cette année son neuvième anniversaire.
Pourquoi un festival consacré au cinéma black? Discrimination positive? «Nous faisons tous partie de la même race, la race humaine. Toutefois, ce festival permet aux gens qui se sentent concernés d’avoir accès à des films qu’ils ne verraient pas dans un cadre plus généraliste. Ce que nous faisons, c’est regarder les films pour ensuite dire au public : voici ce qui se fait de meilleur sur la question des Blacks. Ça permet aussi de mettre en lumière des artistes qu’on ne verrait pas ailleurs», avance en substance l’ex-Miss Haïti 2000, Fabienne Colas. Une réalisatrice, comédienne et militante que nous avons pu voir dans plusieurs films (dont Comment conquérir l’Amérique en une nuit) et au petit écran (Watatatow), et qui porte également le chapeau de présidente du FIFBM.
Elle animera d’ailleurs une discussion sur la représentation des Noirs à la télévision et au cinéma québécois, à l’occasion de la projection du documentaire Noirs et Blancs en couleurs, qui porte sur la même question, mais en France. Les critères pour être sélectionné au Festival? «Le contenu. La plupart des films ne sont pas réalisés par des Noirs, mais par des Blancs, des Arabes, des Latinos ou des gens comme Kim Nguyen, qui est moitié blanc, moitié asiatique, double richesse, et qui a fait un film sur les Noirs», s’enthousiasme Mme Colas. Elle qui tient ce Festival à bout de bras contre vents et marées avec une poignée d’autres passionnés déplore cependant, lorsqu’on aborde la question, la sous-représentation des Blacks sur nos écrans et les récentes coupes de l’aide financière du gouvernement du Québec.
À marquer d’une pierre blanche
Quelques arrêts obligés au prochain Festival du film black :
- The Retrieval. À la veille de la guerre de Sécession, un garçon est envoyé dans le Nord par une bande de chasseurs de primes pour récupérer un homme recherché. Le 19 septembre à 18 h 45, au Cinéma du Parc.
- The Suspect. Thriller psychologique au sujet d’un vol dans une banque par un bandit masqué. Le suspect est tout désigné puisqu’un Noir passait près de là… Le 19 septembre à 21 h, au Cinéma du Parc.
- Commémoration du 50e anniversaire du discours I Have a Dream, avec films sur la célèbre marche vers Washington et diffusion de l’émission Premier plan du 24 avril 1960 animée par… René Lévesque. Le 24 septembre à 18 h, à la Cinémathèque québécoise.
- La marque des anges. Avec Gérard Depardieu et Joey Starr. Un commissaire retraité, un chef de chorale aux tympans défoncés, un flic en désintox, une organisation secrète et des enlèvements d’enfants. Ouf! Le 26 septembre à 17 h, au Cinéma du Parc.
- La source. Comment Josué Lajeunesse, père monoparental de cinq enfants, concierge à l’Université Princeton le jour et chauffeur de taxi la nuit, a-t-il trouvé la force pour aller porter de l’eau potable à sa famille en Haïti? Le 27 septembre à 19 h, au Cinéma du Parc.
Programmation complète : montrealblackfilm.com