Louis-Jean Cormier: la séduction tranquille
C’est dans une église bondée que le monarque de l’ADISQ, Louis-Jean Cormier, a clôturé la 27e édition de Coup de cœur francophone.
Véritable monarque du dernier gala de l’ADISQ avec trois Félix, dont le plus prestigieux, décerné à l’auteur ou compositeur de l’année, l’ex-figure de proue de Karkwa et réalisateur doué (pensez aux deux albums sur Miron et à Lisa LeBlanc) offrait un spectacle qu’on avait annoncé acoustique à l’église Saint-Pierre-Apôtre entouré de quatre musiciens-choristes.
Et, pour être honnête, c’est avec un esprit ouvert mais sceptique que votre serviteur s’est rendu sur place, espérant découvrir du coup le secret de l’alchimie derrière le buzz Cormier. Surtout que le premier album solo, Le treizième étage, bon et très bien arrangé, ne nous avait néanmoins pas subjugué après quatre ou cinq auditions.
Premier constat en entendant La cassette, accrocheuse pièce d’ouverture, la sono était plus que convenable. Soulagement. Second constat, non seulement le spectacle n’était pas acoustique, du moins avant le rappel composé notamment de versions bluegrass (il fallait entendre Monstre et Échapper) sur l’escalier de l’autel, mais à certains moments on pensait aux grands-messes rock d’autrefois.
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Chose qui a sans doute évoqué de beaux souvenirs à Michel Rivard, venu aussi applaudir sa fille Adèle, choriste et percussionniste de Cormier. La remarque n’est pas fortuite: une des raisons du succès de Cormier, bien qu’il fasse dans un folk actuel, tient sans doute dans les reliefs sonores des seventies, notamment sur le plan des harmonies vocales chaloupées. L’autre grande clé se trouve dans ce qu’on pourrait qualifier de séduction tranquille.
Bien qu’il ne soit pas le plus flamboyant des artistes, Cormier est un être aussi humble qu’efficace. Pas pour rien que les Québécois semblent l’avoir adopté pour de bon et se reconnaissent en lui. Mention spéciale aux magnifiques jeux d’éclairage signés Mathieu Roy, qui a su apporter un côté cinématographique à l’affaire frôlant parfois même le fantastique. Pari réussi. Cormier et sa bande remettent ça lundi. On vous le recommande.