Notre cinéma fêté à Palm Springs
Avec son aura de glamour hollywoodien transposé en plein désert, le festival de Palm Springs célèbre son 25e anniversaire et rend hommage aux talents canadiens.
Le Nouvel An à peine terminé, voilà que les plus grandes stars de Hollywood se bousculent sur le tapis rouge du Festival international du film de Palm Springs, deuxième en importance aux États-Unis en matière de fréquentation.
«Les relationnistes se servent maintenant de Palm Springs comme d’un tremplin de lancement en vue des Golden Globes, affirme la Canadienne Helen Du Toit, qui veille à la direction artistique du festival depuis plus de cinq ans (en plus de travailler au TIFF à Toronto). Nous présentons la plus grande sélection de films éligibles pour l’Oscar de l’œuvre en langue étrangère, et notre grand gala donne le coup d’envoi à la saison des remises de prix, puisque l’événement coïncide avec la date de remise des bulletins de vote pour les Oscars.»
C’est dans ce contexte de cirque cinématographique savamment orchestré que se déploie un volet de la programmation consacré au cinéma canadien. Un cinéma qui, selon le festival, se démarque par «sa volonté d’aborder de front des réalités complexes, de sortir des sentiers battus». Parmi la quinzaine de films présentés, on trouve sans surprise un important contingent québécois : Gabrielle, Vic + Flo ont vu un ours, L’autre maison, Le démantèlement, Enemy, Gerontophilia, Stay et Sarah préfère la course.
Selon Du Toit, qui dirige Palm Springs en étroite collaboration avec un autre Canadien (le directeur de la programmation Darryl Macdonald), l’hommage à notre cinématographie allait de soi. «Le cinéma canadien a connu une année incroyable avec l’émergence de plusieurs nouvelles voix ainsi que la consécration de cinéastes établis. Bien sûr, Denis Villeneuve, qui lance deux excellents films en plus de se faire accueillir à bras ouverts par Hollywood, y est pour quelque chose.»
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La réalisatrice Louise Archambault attribue quant à elle une part de cet engouement à ses producteurs chez micro_scope. Elle souligne le grand apport de Luc Déry et de Kim McCraw à l’industrie canadienne – en plus d’avoir chapeauté Gabrielle et coproduit Enemy, ils ont consacré leurs énergies à deux autres projets nommés aux Oscars (Monsieur Lazhar et Incendies). «Luc et Kim ont un grand flair. C’est vraiment un travail d’équipe avec eux. Ils te poussent à aller plus loin. Moi, en scénarisation, j’adore qu’on me dise : ‘‘Oui, d’accord, mais…’’ Ils n’ont peut-être pas la solution, mais ils te font réfléchir. Je pense que tous ceux qui travaillent avec micro_scope l’apprécient. Avec eux, ça va au-delà de la simple envie de faire un film.»
À la rencontre du public
Tous les réalisateurs canadiens rencontrés à Palm Springs ont réitéré l’importance de voyager avec leur film. «On ne fait pas un film pour contempler nos beaux cadrages, lance Archambault à la blague. Je veux le partager, établir un dialogue avec le public et comprendre ce qui touche les gens.»
Le cinéma québécois semble trouver un large écho en dehors de ses frontières. Après la projection (à guichets fermés) du Démantèlement, plusieurs spectateurs déjà fans de Pilote (Le vendeur) ont partagé leur admiration pour sa nouvelle réalisation. Pour sa part, Archambault s’est fait accoster par une jeune femme atteinte du syndrome de Williams après la projection, passionnée par l’histoire, mais visiblement déçue de ne pouvoir serrer la main de ladite Gabrielle.
«Ça arrive souvent. Gabrielle m’accompagnait au Festival de Toronto et un gars de son âge, qui a lui aussi le syndrome de Williams, a posé plusieurs questions hyper pertinentes, entre autres à l’acteur [Alexandre Landry], en plus de demander à Gabrielle si elle était célibataire! Les projections donnent souvent lieu à des moments de spontanéité vraiment touchants.»