Simon Fauteux: de Kiss à Alice
Après nos séries sur les coups de cœur de certains artistes de la scène musicale et de l’art dramatique, nous tendons maintenant le micro à des gens passionnés pour l’une ou l’autre de ces activités du champ culturel. Pour inaugurer l’affaire, Simon Fauteux, dont la boite SIX media marketing célébrera ses 5 ans d’activités le 22 janvier, nous cause de sa passion pour la musique en général et celle de Kiss en particulier, mais aussi de «ses» artistes.
Si certains rencontrent Dieu ou reçoivent une révélation subite, pour le relationniste et fondateur de SIX media marketing, Simon Fauteux, c’est la découverte de la formation américaine Kiss qui allait changer le cours de son existence
Qu’est ce qui vous a amené à exercer le métier de relationniste?
C’était en 1975 et j’avais neuf ans. Un ami à l’école m’a dit : «viens à la maison, j’ai quelque chose à te montrer». Puis, il a sorti le disque Alive I de Kiss. J’ai regardé ça et me suis exclamé : «c’est ce que je vais faire dans la vie!» Mon premier trip était de devenir musicien. Chose que j’ai faite pendant un moment… Tout est parti de là.
Avant même d’entendre le disque?
Oh oui! À la seule vue de la pochette mon choix était fait. Après, l’ami a fait jouer le disque (live) et… ça rentrait au poste! Ça fait maintenant quarante ans que dure mon histoire d’amour avec cette formation.
Vous avez déjà travaillé avec eux?
Non, mais si je le fais un jour, je pourrai ensuite me retirer (rires). J’ai cependant soumis ma candidature pour effectuer la promotion des deux prochains albums d’Ace Frehley, le premier guitariste de Kiss. J’aime ce band parce que c’est celui qui a su pousser à son paroxysme le concept de spectacle. Ce sont des précurseurs. Il y a eu, bien sûr, Alice Cooper avant et Crazy World of Arthur Brown, mais ce n’était qu’une pièce (Fire). Kiss s’est inspiré d’Alice et ils ont poussé l’idée plus loin. Ensuite, les choses se sont mises à marcher. Ce qui a fait en sorte qu’ils ont eu davantage de moyens financiers et, par conséquent, davantage de feu, de fumée, d’explosions etc. Puis, ce fut les grandes tournées pendant les années 1970. À l’époque, il y avait une mystique autour de la formation que l’on ne retrouve plus maintenant. Il faut dire qu’ils avaient un gérant exceptionnel en la personne du mythique Bill Aucoin. C’est lui qui a pris en main la carrière de Billy Idol après ses années Kiss.
Au cours de votre carrière, vous avez assisté à des centaines de concerts. Votre plus mémorable ?
Difficile. Celui qui m’a le plus étonné et qui m’a vraiment jeté par terre a été celui de Jacques Higelin à la salle Maisonneuve de la PdA en 2010. Ce soir-là, j’y suis allé à reculons puis, à la fin, je ne me contenais plus. Dans mon top 3, je placerais également mon premier show à vie, celui de Queen lors de la tournée de The Game (1980, dans l’ancien Forum). Et, bien sûr, Kiss, que j’ai vu huit ou neuf fois ainsi que Tom Harrel, le trompettiste jazz à l’Upstair, il y a deux ans. Un gars diagnostiqué schizophrène dont le show était extraordinaire. C’est ça que j’aime de la musique : vivre une expérience autant émotive que sensorielle. Ça génère des émotions plus que n’importe quoi d’autre.
Votre coup de cœur du moment?
Le duo folk Whitehorse. Il s’agit de ma plus belle découverte de l’an dernier. Mon plus grand coup de cœur musical en carrière a été Harry Manx, un guitariste qui marie le blues et la musique classique indienne.
L’artiste le plus trippant avec lequel vous avez travaillé?
Le sommet de ma carrière, c’est assurément Alice Cooper en 2007. Je suis fan depuis toujours d’Alice, car j’aime le concept du «shock rock». Alors d’aller le chercher à l’aéroport, le conduire à l’hôtel et discuter avec lui était pour moi quelque chose d’incroyable. Ça s’est terminé à Tout le monde en parle. Au retour à l’hôtel, il m’a pris dans ses bras et m’a dit : «thank you, it was a great job». Je n’ai pas dormi pendant une semaine.
Une expérience désolante avec un artiste?
Quand j’ai travaillé avec Benjamin Biolay, il arrivait précédé de la réputation de quelqu’un qui déteste faire de la promotion. Effectivement, à l’hôtel, il ne semblait pas disposé plus qu’il ne le faut, absorbé par son journal derrière ses verres fumés. Mais par un hasard total, lorsqu’il est entré dans ma voiture, j’ai démarré et c’était la pièce Sirius d’Alain Parsons Project. Il m’a tappé sur l’épaule : «tu sais ce que c’est?» J’ai répondu : «la chanson thème des Bulls de Chicago». Comme c’est un fan de basket fini, dès ce moment son humeur a changé complètement et la journée s’est super bien passée.
Les cinq ans de Sixmedia
Au Upstairs
Le 22 janvier prochain