Critiques CD: J.O The Corrupted, Young the Giant, Séan McCann…
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de J.O The Corrupted, Young the Giant, Séan McCann, Dialecte, Cœur de pirate et Omar Sosa.
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Sans concession J.O The Corrupted CWS Note: |
Le rappeur émergent J.O The Corrupted représente dignement l’underground montréalais. La réalité urbaine qu’il chante dans ses textes, avec son flow à la fois agile et sévère, est dérangeante, peuplée de gens débauchés et, surtout, indifférents à la déchéance qui les entoure. Sans fard et sans concession à l’industrie musicale, Corrupted World Solutions se révèle un album exigeant, à la production sonore brute. Malgré toute une série de collaborateurs invités (dont le très acclamé High Klassified), CWS refuse tout artifice. J.O The Corrupted veut secouer les consciences, et si ça ne fait pas nécessairement toujours du bien, le contexte politique actuel s’y prête à merveille.
– Maxime Huard
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À la pièce Young the Giant Mind Over Matter Note: |
Le petit frère de Maximo Park ne se démarque pas par son originalité. La première écoute évoque plusieurs autres groupes de musique pop-rock. Mais Mind Over Matter mérite qu’on s’y attarde. Prises une à une, les mélodies sont accrocheuses, et la voix puissante de Sameer Gadhia rappelle parfois celle du chanteur de Billy Talent (en moins criarde!), comme dans It’s About Time et In My Home. Young the Giant montre peu d’évolution depuis son premier album, sinon une tendance un peu plus rock et une présence plus marquée des synthétiseurs. Ces derniers ajoutent des touches pop dansantes et 1980, comme sur les extraits Mind Over Matter et Eros.
– Josie Desmarais
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C’est sincère Séan McCann Help Your Self Note: |
Le Terre-Neuvien Séan McCann, connu pour son travail au sein de Great Big Sea, propose un troisième disque solo sur lequel il tire la note, chante les cieux bleus et livre une ode au vin rouge et au whisky. Tantôt Ron Sexsmith (For A Long Time Now), tantôt aspirant Nick Cave (Stone Cold Heart), mais globalement, simplement Séan, le guitariste vocaliste livre des morceaux à la belle sensibilité, versant souvent dans un folk country rock à fleur de peau. Seul hic, il use parfois de rimes qui gâchent le plaisir de ce disque diablement sincère. Si seulement «wrong» ne rimait pas avec «song» et si on n’entendait pas cet intuable alliage de «sorrow-tomorrow» résonner dès les premières notes! Reste une série de chansons venues droit du cœur, qui finissent par s’y loger.
– Natalia Wysocka
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Singulier Dialecte L’équateur Note: |
Chose certaine, le premier opus du quintette Dialecte offre quelque chose de différent, qu’on n’a certes pas l’impression d’avoir entendu maintes et maintes fois. Mélange de spoken word, de musique indie avec des touches de jazz, L’équateur surprend à la première écoute – agréablement ou non –, et capte l’attention. Mais il n’est pas certain que tous apprécieront le mélange hétérogène. Cela dit, les textes sont certes une des grandes forces de l’ensemble, et le spoken word a donc toute sa raison d’être, mais on apprécie particulièrement les moments plus instrumentaux qui permettent de constater qu’on est en présence de cinq musiciens très solides.
– Jessica Émond-Ferrat
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En anglais, svp! Cœur de pirate Trauma – Chansons de la série… Note: |
D’abord, nous ne raffolons pas de la voix délicate et nasillarde de Cœur de pirate. MAIS, nous aimons l’entendre pousser la note en anglais. Probablement parce qu’elle chante un peu plus grave dans la langue de Shakespeare. C’est encore une fois de superbes pièces qui ont été choisies pour cette saison (la cinquième) de Trauma, et chapeau à Béatrice Martin de les avoir réinterprétées à sa façon. Le résultat n’est toutefois pas toujours convaincant. Ses reprises de Ain’t No Sunshine (Bill Withers) et de Last Kiss (Pearl Jam) font sourciller à cause d’un effet de résonnance agaçant. Soulignons toutefois les superbes réinterprétations de Heartbeats Accelerating d’Anna McGarrigle et de Lucille de Kenny Rogers.
– Rachelle Mc Duff
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Nuances de gris Omar Sosa Senses Note: |
Ce disque murmure un grand amour au creux de l’oreille qui l’écoute. Enfanté alors que le pianiste cubain Omar Sosa traversait une période sombre, Senses prend la forme d’une quête musicale vers la paix intérieure. Le piano devient le confident avec qui l’artiste partage son vague à l’âme; on écoute, impudique, la tendre intimité qui lie Sosa à son instrument au fil des 16 délicates mélodies par lesquelles le pianiste berce sa tristesse. L’ensemble est superbe, mais monotone; peu de nuances viennent égayer ces tourments mis en musique. Loin de nous l’idée d’enlever sa virtuosité à Omar Sosa, mais nous suggérons de le découvrir en écoutant ses premières œuvres : vous y perdrez en intimité, mais y gagnerez en lumière.
– Sébastien Tanguay





