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La magie des 7 doigts

Photo: Yves Provencher

Qu’est-ce qui fait que ça fonctionne aussi bien, chaque fois? Encore une fois, jeudi, les 7 doigts de la main ont su nous éblouir avec Intersection, une création mise sur pied en 25 jours, présentée en primeur à Montréal complètement cirque – on sentait d’ailleurs que certains numéros seront encore plus impressionnants une fois rodés – qui a ouvert le festival dans une soirée circassienne festive et «en dehors de la boîte», qui investit la scène de la TOHU jusqu’à dimanche prochain.

D’abord, pour l’introduction, après s’être fait tirer le portrait dans le «garde-robe d’entrée», le public est invité à se promener sur la scène, croisant çà et là les artistes, déjà dans leurs personnages. Un segment sympathique et original, qui aurait peut-être pu être un peu raccourci, mais qui donne le ton à la soirée, tandis que le public va se rasseoir au son de La journée qui s’en vient est flambant neuve, d’Avec pas d’casque, et que «le vrai» spectacle commence par des projections vidéo où les personnages se présentent brièvement.

Comme d’habitude, on n’est pas dans le théâtre, mais dans une trame narrative ténue qui nous permet simplement de nous attacher aux personnages. Et pour s’y attacher, on s’y attache! Que ce soit à cette Miss Météo clownesque (Sabrina Aganier) qui se contorsionne pour atteindre son micro ou à cette jeune Chinoise (Pan Shengnan) à la recherche de sa mère biologique, dont le duo de diabolo avec Song Enmeng coupe le souffle.

Parmi les numéros magistraux, on notera aussi – et surtout – la magnifique danse amoureuse sur mât chinois interprétée par Héloïse Bourgois et William Underwood, qui jouent respectivement une veuve partie explorer le monde et un barman abandonné par sa mère quand il était petit. On l’aura deviné, c’est un peu là le thème du spectacle: chaque personnage porte en lui une blessure, mais doit continuer d’avancer. On peut d’ailleurs faire le parallèle avec la troupe, qui a dû composer avec l’absence de Danica Gagnon-Plamondon, huitième acrobate qui s’est blessée peu avant la première.

Chapeau bas aux metteurs en scène Samuel Tétreault et Gypsy Snider, qui ont réussi à faire en sorte que rien n’y paraisse. Ajoutons à cela la connivence manifeste entre les interprètes, tangible jusque dans le public, et, comme toujours, une trame sonore jouissive – tendez l’oreille pour une version surprenante de Get Lucky, de Daft Punk – et c’est indéniable: la magie des 7 doigts de la main n’est pas à la veille d’arrêter d’opérer.

À la TOHU
Jusqu’au 13 juillet

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