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Hollywood en plywood

Photo: 20th Century Fox

Certains évitent de s’en vanter dans les salons, mais la plupart des gens adorent savourer des films hollywoodiens. Dans son captivant essai Hollywood et la politique, paru chez Écosociété, Claude Vaillancourt nous invite à ne pas bouder notre plaisir, mais à rester attentifs aux messages véhiculés dans les grandes productions américaines.

Votre livre est-il une charge contre le cinéma de Hollywood?
Non, pas du tout. L’objectif est de contribuer à ce que les gens comprennent mieux ce qu’ils voient, car de nombreux messages sont transmis par ce cinéma. Il s’agit d’un contexte assez particulier où les investissements sont très élevés et où nombre de personnes interviennent dans le processus de production. Dans ce contexte, est-ce que les réalisateurs peuvent vraiment transmettre des idées qui leur sont personnelles ou qui vont à l’encontre des intérêts de ceux qui financent leur film? Un contrôle est-il exercé et, si oui, dans quelle mesure?

Et la réponse est…?
Il subsiste un contrôle assez grand, mais les gens peuvent y échapper, car, malgré tout, une certaine liberté d’expression règne encore dans cette industrie.

Vous dites que Hollywood souffre, en ce moment, d’un grave manque d’imagination. Quel a été son âge d’or, selon vous?
Je reproduisais un propos qu’on entend souvent, celui du célèbre critique Roger Ebert. Si on analyse les années 1940-50, on se rend compte qu’il y a eu beaucoup de bons films à cette époque, dont ceux de Frank Capra. On y retrouvait une grande richesse dans les dialogues, qui s’est transformée avec le temps en scènes d’action. Chaque année, de bons films sont réalisés. Ainsi, en 2011, The Descendants, avec George Clooney, est un exemple assez intéressant de film qui pose de bonnes questions. L’idée de mon livre m’est venue pendant les années Bush. À l’époque, la presse était soumise aux dépêches et aux communiqués que publiait son gouvernement. Or, le cinéma américain a connu une excellente période à ce moment-là. Je pense à des films contestataires, comme Lord of War, Syriana ou Munich (de Steven Spielberg).

Parlant de Spielberg, 0que pensez-vous du discours selon lequel le cinéma hollywoodien serait contrôlé par des Juifs qui s’en serviraient comme d’un instrument de propagande?
Je n’embarque pas là-dedans. Les studios appartiennent à des empires financiers, et ces empires viennent de partout. Il y a Sony, qui appartient à des Japonais; l’Australien Murdoch est propriétaire d’un studio; General Electric en possède un lui aussi… C’est une sorte de grande sphère financière. Certains, comme Hervé Kempf, ont parlé d’une oligarchie, mais je ne crois pas à une oligarchie dominée par une ethnie particulière. Cela dit, aux yeux des républicains, Hollywood est un nid de démocrates, et c’est pour cela qu’ils s’y attaquent souvent.

Minibio : Claude Vaillancourt
Claude Vaillancourt est romancier, essayiste, conférencier, musicien, professeur de littérature, militant altermondialiste et cinéphile. Membre du comité de coordination de la revue À babord!, il a écrit Mainmise sur les services et les romans Les années de bataille et L’inconnue.

Hollywood et la politique
Aux Éditions Écosociété
Présentement en librairie

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