Soutenez

Fou de cinéma P.Q.

Martin Gignac consomme environ 400 films par année grâce à son métier de journaliste et blogueur, et à sa passion pour le septième art. Et tant qu’à vivre de sa plume et à visionner autant de films, pourquoi ne pas fusionner ses deux dadas? Arrêt sur l’image, son premier livre, contient 41 portraits de cinéastes québécois et constitue une introduction au cinéma de la Belle Province. Métro a discuté avec le critique de cinéma de son bouquin «fait maison» et du cinéma québécois.


Vous avez interviewé 41 cinéastes. Vous souvenez-vous d’une entrevue particulièrement marquante?

Ma rencontre avec André Forcier. C’est un homme assez étrange. Il parle d’un ton monocorde. C’était impressionnant d’aller chez lui. Il m’a même fait des œufs! Il y a aussi celle avec Michel Brault, un des plus grands cinéastes québécois. Il m’a invité chez lui, sur le bord de la rivière Richelieu. Ce sont souvent les lieux qui rendent les entrevues marquantes.
Y a-t-il des cinéastes qui ont refusé de participer à ce livre et que vous auriez aimez rencontrer? J’aurais aimé avoir Pierre Falardeau, mais il était malade à l’époque et il est maintenant décédé. Denys Arcand planchait sur son nouveau film et Léa Pool travaillait sur 4-5 projets à la fois alors ils manquaient de temps. Quand à Robert Lepage, il n’était pas disponible avant deux ans!

Y a-t-il des cinéastes qui ont refusé de participer à ce livre et que vous auriez aimez rencontrer? J’aurais aimé avoir Pierre Falardeau, mais il était malade à l’époque et il est maintenant décédé. Denys Arcand planchait sur son nouveau film et Léa Pool travaillait sur 4-5 projets à la fois alors ils manquaient de temps. Quand à Robert Lepage, il n’était pas disponible avant deux ans!

Quelle est la particularité du cinéma québécois?
C’est sa langue qui fait son identité. C’est un jeune cinéma, qui a véritablement pris son essor dans les années 1950. On en parle plus depuis 2003, année de la sortie des Invasions barbares de Denys Arcand [qui a remporté l’Oscar du Meilleur film étranger en 2004]. Le cinéma québécois n’est pas un cinéma qui rapporte. On ne rentre jamais (ou presque) dans ses coûts quand on fait un film au Québec. Si le gouvernement ne subventionnait pas le cinéma, il n’y en aurait pas.


Est-ce qu’on consomme beaucoup de cinéma québécois?

Il n’y a pas beaucoup de place aujourd’hui pour regarder du cinéma dit d’auteur. Dans les années 1960-70, on voyait pleins de films canadiens et étrangers (pas des films à gros budget américains) à la télévision et au cinéma. Aujourd’hui, ce sont les blockbusters qui jouent partout, parce que ce sont des films qui rapportent. On habitue les gens à voir ces productions à gros budget. Les films indépendants sont moins diffusés, car ils ne font pas faire d’argent et ils sont moins populaires. Or, ils sont moins populaires… parce qu’on les diffuse moins! C’est un cercle vicieux. Je crois qu’il y a toute une tranche du cinéma qui va être oubliée dans l’avenir.


Sur les 41 portraits, il n’y a que 6 femmes. Est-ce que cela illustre bien la réalité du cinéma québécois?

Oui, et celle du monde du cinéma en général. J’ai posé cette questions aux réalisatrices que j’ai rencontrées, et elles-mêmes ne savent pas pourquoi. Micheline Lanctôt me disait qu’il était parfois difficile de se faire respecter sur les plateaux quand on est une femme. Anaïs Barbeau-Lavalette me racontait que pendant le tournage du Ring, certains pensaient qu’elle était une actrice, voire la coiffeuse!

Qu’est-ce qui attends les jeunes réalisateurs qui sortent de l’école?
L’avenir est sombre, car on forme beaucoup de cinéastes et il y a toujours la même quantité d’argent disponible pour faire des films. Certains ne se découragent pas et disent qu’ils vont faire un film aux quatre ans. D’autres se tournent vers le numérique au lieu du 35 mm, car c’est moins cher. Il y a toutefois de nouvelles plates-formes qui existent comme le web. Ils devront analyser leurs options.


  • En rafale :

Ton film québécois préféré? Je ne sais pas si c’est mon préféré, mais il m’a marqué : Le déclin de l’empire américain (Denys Arcand)

Ton réalisateur préféré? Il y en a plusieurs. Michel Brault (Les ordres) car il a participé à des œuvres majeures du cinéma québécois et André Forcier pour son imaginaire fabuleux.

Cinq films québécois à voir avant de mourir? Les Ordres (Michel Brault), Les bons débarras (réalisé par Francis Mankiewicz et écrit par Réjean Ducharme), À tout prendre (Claude Jutras), tous les films de Pierre Perrault et le Déclin de l’Empire américain (Denys Arcand).

Arrêt sur l’image
Lancement mardi soir à 17 h
Au Cinéma du Parc
Disponible à la librairie Raffin et à la librairie Verdun

Le blogue de Martin Gignac Requiem pour un film

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.