25 ans de la tragédie de Polytechnique: Elles éternelles
La musique pour se souvenir. C’est ce que propose le spectacle Pour elles, qui souligne les 25 ans de la tragédie de Polytechnique.
Quatorze chanteurs et chanteuses – sept hommes et sept femmes – dédieront chacun une chanson aux 14 victimes de ce triste événement. Louise Forestier, Robert Charlebois, Mara Tremblay, Daniel Bélanger, Jorane, Vincent Vallières et Marie-Pierre Arthur, entre autres, formeront ainsi une courtepointe mélodique.
«La majorité des artistes que j’ai contactés m’ont dit: “Non seulement je veux y être, mais je dois y être”», confie en entrevue la femme de théâtre Lorraine Pintal.
Metteuse en scène de ce projet qui sera animé par Julie Le Breton et dont les profits seront remis à la Coalition pour le contrôle des armes, la directrice artistique et générale du TNM attendait ce rendez-vous depuis longtemps. «Il faut témoigner de cette violence, créer des liens entre les hommes et les femmes», explique-t-elle, passionnée.
Pour y parvenir, elle propose d’unir les souvenirs des victimes, la poésie, les chansons et les musiques pour entendre une seule et même voix. «La sobriété et l’émotion me guident, avoue la principale intéressée. J’essaie d’être au service de ces témoignages-là. Et on a le mérite d’être très purs, très entiers, très engagés.»
«Ma plus grande joie, ce serait qu’il y ait beaucoup de jeunes dans la salle. Que ces témoignages-là leur parviennent, à ceux qui n’ont pas vécu Polytechnique, et fassent en sorte qu’eux non plus, ils n’oublient pas.» – Lorraine Pintal, metteure en scène de Pour elles
Malgré le film de Denis Villeneuve et le retour chaque année de l’anniversaire de ce massacre dans le fil d’actualité, Lorraine Pintal est d’avis qu’on ne parlera jamais assez de la violence – physique, psychologique, sexuelle – dont sont victimes les femmes et qui fait plus que jamais les manchettes.
«On oublie vite, dans nos sociétés, admet-elle. Toute cette violence faite aux femmes, toute cette haine, ce mépris ou cette intolérance qui sont inconcevables et dont on se dit que ça va disparaître un jour. Mais quand on voit ce qui se passe dans le monde en ce moment, on se rend compte que le phénomène perdure.»
Pour elles
Au Théâtre Outremont
Samedi à 20 h