Spazuk a le feu sacré
La technique atypique de l’artiste Steven Spazuk, de Léry au Québec, attire présentement l’attention de plusieurs médias internationaux. M. Spazuk, dont la vidéo Fire Painter a été vue 875 000 fois, ne s’attendait pas à cet engouement.
«[Le jour de la mise en ligne], on a eu des centaines de visionnements. Le lendemain, 1000, puis 6000. On était vraiment contents», relate l’artiste. C’est grâce à cette courte vidéo de présentation réalisée par Patrick Péris, spécialiste de la macrophotographie, que Spazuk a su se faire voir sur le web.
Sa technique originale est pour quelque chose dans ce succès. Spazuk crée des images avec la suie produite par la flamme d’une chandelle sur du carton.
Récemment, une équipe de tournage japonaise a bravé le froid de l’hiver québécois pour atterrir dans l’atelier de Steven Spazuk. Les concepteurs de l’émission de télé Maximum Level étaient impressionnés par son style et lui ont demandé de créer plusieurs portraits grand format de la pop star Yuko Oshima. Pour celui qu’on voit à droite, Spazuk a procédé par quadrillage et reproduit chaque pixel en plus grand format. «C’était un peu bizarre, confie-t-il. J’ai l’habitude d’être seul dans mon atelier. Je peins et j’écoute de la musique. Là, de voir toute la journée trois Japonais près de moi… Par moments, j’avais des instants de lucidité et je me disais que c’était “f**cké” d’avoir ces gens-là dans mon atelier. Ils arrivaient du Japon, ils étaient venus à Léry pour me filmer, moi!»
Spazuk n’en était pas à sa première expérience avec le Japon puisque le portrait de son père a voyagé dans une métropole nippone (ville sœur de Toronto) dans le cadre d’une exposition collective. «J’ai toujours pensé que j’aurais un certain succès au Japon avec le type de dessin que je fais, indique-t-il. Je trouve qu’il y a quelque chose dans l’esthétique qui peut séduire les Japonais, pour ce que je connais de leur art. Il y a des similitudes dans le geste.»
L’artiste présentera une nouvelle exposition à la galerie C.O.A à Montréal du 24 janvier au 7 février, centrée sur le thème de l’«ornithocide», les espèces d’oiseaux qui disparaissent. «On voit de moins en moins d’oiseaux. C’est parce qu’on voit de moins en moins d’insectes», explique Steven Spazuk. L’artiste compte illustrer la disparition de différentes espèces en créant des images percutantes née du feu.
En bref
- Le portrait créé par Spazuk devant l’équipe de tournage japonaise était d’une dimension de 2m de hauteur par 1m de largeur.
- Valeur de l’œuvre: 4000$US
- Yuko Oshima est une pop star japonaise, gagnante d’une émission de téléréalité dans son pays d’origine.
[vimeo 107263462 w=640 h=360]
Spazuk
Galerie C.O.A
6405, boul. Saint-Laurent
Dès samedi et jusqu’au 7 février
Vernissage lundi à 17 h
Ouvert au public