La pop accrocheuse de Félix Dyotte
La vie après Chinatown se résume à un album de peine d’amour pour Félix Dyotte, qui propose un premier disque solo sous son propre nom.
Voilà un compact parfait pour la période estivale. Dès la première écoute, les spectres d’Étienne Daho, de Serge Gainsbourg et d’Indochine surgissent au sein de ces perles extrêmement harmonieuses, où des ensembles de cordes rencontrent les synthétiseurs d’un Grandaddy. La chanson pop ludique et classique est détournée, comme chez Malajube ou Arcade Fire, faisant rapidement son effet.
Il est pourtant question de rupture, de déceptions et de tristesse dans ces airs dynamiques. «J’imagine que ça fait partie de moi de regarder les affaires tristes et sombres, mais avec l’œil le plus candide possible, en restant léger, fait remarquer le chanteur, rencontré dans un café montréalais. Je crois que ce sont des trucs dont il faut parler. Ce n’est pas juste négatif ces affaires-là. L’amour, c’est très beau, et la peine d’amour qui l’accompagne peut l’être aussi. Parce que ça fait naître autre chose, ça t’ouvre les yeux sur certaines réalités que tu ne voulais pas voir.»
«Si je ne suis pas capable de me souvenir d’une mélodie, laisse faire, elle n’est pas bonne.» – Félix Dyotte, dont l’album éponyme est extrêmement pop et accrocheur
Ces 13 tableaux de douleur amoureuse qui finissent pourtant par mettre de bonne humeur sont dotés de noms évocateurs (surtout Les gens sont décevants, dont le titre provient de l’actrice Évelyne Brochu, une amie de cégep de Félix Dyotte) et ils bénéficient d’une écriture qui cumule les contrastes. Des pièces très métaphoriques comme Hologramme et Feu nous deux côtoient des moments plus simples comme dans Calme-toi et Avalanches.
«Il y a une sorte de pose là-dedans, avoue l’ auteur-compositeur, qui cite le cinéma d’Éric Rohmer comme référence, ou encore Antoine Doinel dans la série des films de Truffaut. Ce personnage, Doinel, dit des choses tellement évidentes, avec une espèce de naïveté, que tu te demandes si c’est de l’humour ou pas. C’est un truc que j’ai toujours affectionné, et je vais essayer de continuer là-dedans. Si en écoutant les paroles on se demande si c’est ironique ou pas, je trouve ça parfait.»
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Félix Dyotte
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