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École nationale de cirque: premier tour de piste

Photo: Yves Provencher/Métro

Les finissants de la 30e cuvée de l’École nationale de cirque étaient visiblement fébriles, mais aussi radieux quand ils ont présenté quelques extraits de leurs deux spectacles aux journalistes. Après tout, une majorité d’entre eux joindront bientôt les rangs d’une des grandes compagnies (le Cirque du Soleil, les 7 doigts de la main, Éloize…), et ils s’apprêtent à faire leurs premiers pas sur une «vraie» piste de cirque, hors du contexte scolaire, pour montrer de quel bois ils se chauffent.

Ce sont deux spectacles distincts, en alternance, que présenteront les finissants à la TOHU. Génération 2.0, imaginé par Anthony Venisse et Manuel Roque, ouvrira le bal ce soir, alors que La flèche au cœur, mis en piste par Estelle Clareton et Howard Richard, suivra le lendemain.

Pas une mince affaire que d’imaginer une œuvre incluant tous les étudiants! D’autant plus que dans les deux cas, les metteurs en scène ont choisi de partir des talents de leurs protégés pour monter leurs spectacles. «On a changé quelques numéros pour que ça entre dans notre histoire, explique Estelle Clareton. C’est ça, faire la mise en scène de ce spectacle-là : c’est prendre des univers différents et les faire tenir dans un univers commun. C’est la difficulté, mais aussi le plaisir.»

«Je me suis inspiré d’eux et de leur énergie plutôt que d’essayer de les faire entrer dans un moule», affirme pour sa part Anthony Venisse. Les jeunes sont aussi à l’origine de la trame narrative de Génération 2.0 : ces jeunes au début de la vingtaine, cette «génération Peter Pan» qui a parfois de la difficulté à passer à l’âge adulte. «J’ai construit le spectacle comme pourrait être construit un opéra, explique le metteur en scène. C’est d’ailleurs ce qui jouera quand on entrera dans la salle. Ça se marie bien avec le cirque, parce qu’il y a un côté complètement extravagant, démesuré, dans les deux cas.»

Pour leur part, Estelle Clareton et Howard Richard se sont inspirés de thèmes d’actualité et ont ouvert leur spectacle par un numéro «assez apocalyptique, qui pourrait être un tsunami ou un tremblement de terre», et où on trouve un groupe de rescapés venus d’on ne sait où, «inspirés des boat people». «Au fur et à mesure, ils se reconstruisent une vie. On s’est demandé ce qu’on voudrait garder de la vie si le monde s’écroulait : la musique, le cirque… puis le plus important, l’amour!»

Anthony Venisse, à qui on doit les Minutes complètement cirque qui avaient investi le Quartier Latin l’été dernier, explique qu’il laisse beaucoup de marge de manœuvre aux étudiants. «Il y a plusieurs tableaux extrêmement structurés dans lesquels ils ont une liberté d’interprétation. Chaque soir, ça peut changer, souligne-t-il. Moi, je travaille beaucoup comme ça, c’est ce qui garde un spectacle vivant. Ça permet aussi de les responsabiliser. Pour l’instant, ils sont dans une structure scolaire. Ils doivent avoir envie de prendre ce spectacle à bras-le-corps, de faire en sorte que l’énergie soit bien présente quand ils seront sur la scène de la TOHU.»

30 bougies
Bien que les spectacles soulignent les 30 ans de l’École nationale de cirque, Estelle Clareton ne considère pas qu’une pression supplémentaire leur est associée.

«Il y a toujours de la pression ici! lance-t-elle en riant. Un spectacle de fin d’année, c’est super important, c’est la première expérience des jeunes hors des murs de l’école.»

Mais qui dit anniversaire dit rétrospective, et la metteure en scène se réjouit du chemin qu’a parcouru l’art circassien depuis les débuts de l’école. «Ne serait-ce que depuis cinq ans, il y a une modernité qui veut s’installer, on réinvente les appareils, la façon de les utiliser, souligne-t-elle. Les préoccupations ne sont plus les mêmes, les jeunes sont beaucoup plus au courant de ce qui se passe autour d’eux, ils réfléchissent bien!»

Génération 2.0 et La flèche au cœur
À la TOHU
En alternance jusqu’au 10 juin

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