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Ville-Marie: Douleurs croisées

Photo: Max films média

Avec son second long métrage, Ville-Marie, Guy Édoin filme Montréal de nuit – travaux et cônes orange compris –, pour y mettre en scène la souffrance intérieure de quatre personnages dont les destins se croiseront et s’influenceront.

Ville-Marie est une référence à un hôpital, à une ville, à Marie, le personnage joué par Pascale Bussières. C’est une «mère patrie», même, pour les personnages, affirme Guy Édoin. Ces quatre individus portent une douleur qu’ils camouflent du mieux qu’ils peuvent.

Une star européenne, Sophie (Monica Bellucci), est en tournage à Montréal et en profite pour rendre visite à son fils, Thomas (Aliocha Schneider), qui habite la métropole. Ils ont du mal à communiquer. Thomas n’a jamais su qui était son père, et cela lui pèse. Pierre (Patrick Hivon), un ambulancier qui a servi dans l’armée, est dévoué, mais au bout du rouleau. Marie (Pascale Bussières), une infirmière, tente d’oublier la mort d’un de ses fils et de son mari en se consacrant corps et âme à son travail. C’est à l’urgence de l’hôpital Ville-Marie qu’ils vont tous se croiser; c’est là qu’un peu de lumière entrera finalement dans leurs vies.

«Ce que j’aimais, c’est l’idée qu’on ne sait pas toujours à qui on a affaire. On ne connaît pas le passé de chacun. Et parfois, simplement en étant en contact avec les autres, on les aide, sans même le savoir, commente le réalisateur. Je trouvais important que chaque personnage ait vécu son propre traumatisme, et que les vies de ces personnages-là se frôlent. Ils se croisent et s’apportent quelque chose. C’était important que chacun d’entre eux vive une résolution.»

Guy Édoin a longtemps situé l’action de ses films, dont celle de son précédent long métrage, Marécages, dans des paysages ruraux; ceux dans lesquels il a grandi. Il ressentait cette fois le besoin de «se mettre en danger» et de «montrer à nouveau Montréal, alors que depuis des années, au cinéma, on fait juste des films de campagne ou de banlieue». La ville est ici un personnage, et le réalisateur la dépeint de façon réaliste, avec les nombreux travaux de voirie qui font particulièrement rager le coéquipier de Pierre au volant de son ambulance. «Il y a cette relation d’amour-haine qu’on peut avoir avec la ville, qu’on trouve parfois belle, parfois laide, qui nous exaspère, mais qui en même temps est merveilleuse», observe M. Édoin.

«En allant vers ses faiblesses les plus profondes, qui lui font très peur, c’est comme si Sophie découvrait son vrai soi, sa vraie force. Comme si elle touchait son âme pour la première fois.» – Monica Bellucci

 

«Marie est vraiment barricadée, à part quelques confidences très fortuites. On comprend qu’elle porte une déchirure énorme.» – Pascale Bussières. Guy Édoin a fait revenir le personnage de Marie, du film Marécages, bien que Ville-Marie n’en soit pas la suite

 

«Un des plus beaux cadeaux»
Le réalisateur a convaincu Monica Bellucci de participer à son film simplement en lui faisant lire son scénario, qu’il a écrit en collaboration avec Jean-Simon Desrochers. «Guy Édoin m’a fait un des plus beaux cadeaux avec ce rôle, parce que ce personnage a mille facettes. J’avais vraiment de quoi m’amuser comme comédienne, raconte Mme Bellucci, de passage à Montréal avant-hier. C’est un personnage complexe, quelqu’un qui est dans la vie, qui va vers la mort et qui trouve une renaissance. Le visage de la douleur, ce n’est jamais beau. Mais, quelquefois, il faut passer par ça pour renaître.»

Mme Bellucci ne tarit pas d’éloges à propos de ses collègues. Celle qui a travaillé récemment avec Sam Mendes et Emir Kusturica dit avoir adoré travailler au Québec et apprécié la communication facile et le respect sans impression de hiérarchie qu’elle a trouvés sur le plateau. «Ce beau rôle que j’ai pu jouer, j’ai pu le jouer parce que j’étais entourée de tous ces comédiens magnifiques. On ne fait rien sans les autres.»

Ville-Marie
En salle dès le 9 octobre

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