The Dears: la fragilité dans la peau
Le groupe montréalais culte The Dears célèbre son 20e anniversaire en présentant à M pour Montréal les pièces de son sixième album, Times Infinity Volume One, une ode irrésistible au temps qui passe.
Qui aurait cru que, deux décennies après sa fondation, The Dears serait encore en activité? Peu de gens, surtout après les nombreux roulements de personnel qui ont affecté la formation. Mais le groupe est là, plus uni que jamais, pour offrir une nouvelle création, moins intellectualisée que Missiles et plus tempérée que Degeneration Street.
«C’est un album classique des Dears, où l’on parle d’amour éternel et de relations avec les autres et nous-mêmes, raconte la claviériste Natalia Yanchak, rencontrée dans un restaurant loft du Vieux-Montréal. Nous sommes incapables de faire autre chose.»
Le disque est plus doux que les précédents, avec des mélodies qui entrent dans la peau pour ne plus jamais ressortir. Les harmonies entraînantes évoquent toujours les Smiths, Radiohead, Pulp, Arcade Fire, et cette fois Blonde Redhead, avec une prose d’une authenticité redoutable. Comme si le couple formé de Natalia Yanchark et du chanteur-compositeur Murray Ligthburn en avait pris le contrôle.
«Oh non, pas du tout, il n’y a pas de jalousie chez les autres membres, assure le guitariste Patrick Krief. Chaque personne a son rôle à jouer et ça donne quelque chose d’organique.»
C’est à ce moment que Murray Lightburn fait son entrée, apportant un dessert à Natalia… mais pas à Patrick!
Le leader s’assoit à la table, écoute l’entrevue en se retenant bien d’y participer. Jusqu’au moment où il est question de sa fille de presque 10 ans qui vient de découvrir les Beatles et qui ne jure que par eux.
«C’est étrange comme ce groupe a toujours eu une influence sur notre musique, admet-il. La façon dont ils enregistraient leurs albums nous inspire. On rentrait en studio en voulant créer des chansons originales et spéciales. Il n’y avait pas le souci de savoir de quelle façon ça allait sortir en spectacle ou si les gens allaient l’acheter. Pour moi, c’est LA façon d’enregistrer un album.»
«Tu peux écouter cet album distraitement et y trouver ton compte ou le faire minutieusement et tu vas toujours découvrir quelque chose de nouveau.» – Natalia Yanchak, en parlant du nouveau disque de The Dears, Time Infinity Volume
Volume 2
Comme son nom l’indique, il s’agit du premier volume de Times Infinity et il ne faudra pas attendre quatre années avant de découvrir le deuxième tome. «Seulement quelques mois, confirme Natalia Yanchark. Et ça ne sera pas un album de faces B. On souhaitait que ces chansons apparaissent sur le premier disque, mais c’était impossible. Le disque s’est révélé à nous, sa construction en forme de symphonies et l’ordre de ses pièces. C’est un processus inconscient qui était immuable.»
The Dears
Au Théâtre Fairmount
Vendredi à 21h30
Time Infinity Volume One
En magasin