Ryan Playground: la DJ habituée des podiums
Avec ses basses fracassantes, la musicienne, DJ et mannequin montréalaise Ryan Playground donne jeudi soir le coup d’envoi à Igloofest, qui se tiendra les jeudis, vendredis et samedis jusqu’au 6 février.
Nous vivons à une époque où l’on nous encourage à nous réinventer périodiquement. Avocat un jour, architecte le suivant. No big deal. Notre société a évacué une part considérable des pressions sociales qui auraient autrefois refroidi les ardeurs de ceux qui voulaient appuyer sur le bouton «redémarrer». Dans cette optique, le parcours de la talentueuse Montréalaise Ryan Playground s’inscrit résolument dans l’air du temps.
Ayant entamé une carrière de mannequin à l’âge de 13 ans, cette adepte du skate et du streetwear s’est fait offrir une chance en or de voyager aux quatre coins du monde dès l’adolescence, défilant sur les passerelles pour Vera Wang et Miyake, notamment. «Ça peut paraître cliché, mais ça reste l’expérience qui m’a le plus fait grandir, affirme-t-elle sans ambages. C’est un milieu qui exige énormément d’investissement personnel, et ça m’a appris que lorsque tu veux vraiment quelque chose, il faut que tu travailles fort.»
«Comme je suis fille unique, j’ai apprivoisé la musique et le chant comme passe-temps dès l’enfance. La production a rapidement suivi, prenant beaucoup de place dans mon quotidien.» – Ryan Playground, DJ montréalaise
Au bout de quelques années, cette fille de deux musiciens professionnels (sa mère est violoncelliste, son père, clarinettiste) a décidé de se consacrer plus sérieusement à ce qu’elle voyait au départ comme un simple passe-temps. «Le métier de mes parents m’a vite intriguée quand j’étais jeune, se souvient-elle. Évidemment, il y avait de la musique qui jouait dans la maison pas mal tout le temps.» Cela dit, l’élément déclencheur pour elle n’a pas été la guitare de son enfance, ni la batterie, d’ailleurs. Ce sont plutôt les morceaux plus dansants de The Knife et The Postal Service qui l’ont incitée à plonger tête première dans la production.
À peine quelques années plus tard, la voilà déjà solidement ancrée dans le paysage électronique montréalais, aux côtés de ses comparses High-Klassified, WYLN et CRi. Cette étudiante en sciences de la gestion à l’UQAM (une future carrière, qui sait?), désormais représentée par les estimés défricheurs de talents SaintWoods, s’apprête d’ailleurs à faire paraître Elle, son tout premier album, sous l’étiquette Secret Songs, celle d’un autre pilier de la mélancolie rythmée fabriquée au Canada, soit Ryan Hemsworth.
Ryan Playground nous explique que le disque se situe dans la même lignée que ses premières parutions – textures oniriques, mélodies éthérées et ambiances énergiques – tout en renouant avec ses années de chant, au grand plaisir de ses parents (!). «C’est très personnel, en fait. L’album s’appelle Elle parce que les morceaux parlent principalement de ma copine… Le titre s’imposait donc assez naturellement! Certains artistes préfèrent se donner des personnages lorsqu’ils chantent. Pour ma part, c’est vraiment l’histoire de ma personne!»
Ryan Playground à Igloofest
Quai Jacques-Cartier du Vieux-Port de Montréal
Jeudi soir à 19h30
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