Culture
22:53 15 février 2016 | mise à jour le: 17 février 2016 à 12:32 Temps de lecture: 5 minutes

Les grandes dames de la Berlinale

Les grandes dames de la Berlinale
Photo: Getty Images

TAG BerlinaleDans la capitale allemande, trois brillantes étoiles ont parlé de cinéma… et d’autres curiosités. Petit résumé.

Meryl Streep

'Hail, Caesar!' Premiere - 66th Berlinale International Film Festival

Agissant cette année à titre de présidente du jury international, Meryl Streep a lancé citation dorée sur citation dorée dans le cadre d’une franche leçon de cinéma. Présentée comme «n’ayant pas besoin de présentation», justement, par l’animateur et historien du septième art Peter Cowie, la star de 66 ans est revenue avec humour sur sa riche carrière. Elle a parlé de ce rôle crucial de «servante qui trébuchait à chaque entrée en scène» qu’elle tenait au théâtre et qui était tombé dans l’œil professionnel de «Bob» De Niro. C’est grâce à cela, a-t-elle rappelé, qu’elle a décroché un rôle dans The Deer Hunter et dans Kramer vs. Kramer.

Deux films marquants dans lesquels elle «pouvait improviser beaucoup». «Je pensais alors : “Ce boulot est génial! Je peux dire n’importe quoi!” Puis, j’ai rencontré Harold Pinter, et ç’a été fini.» Prenant une voix grave, l’actrice a alors imité le défunt dramaturge britannique en train de la réprimander: «Miz Strrreep. Vous mettez une virgule où il n’y a pas de virgule.» Expressive, drôle, la reine des Oscars a aussi décrit avec un clin d’œil son compagnon de Bridges of Madison County: «Clint Eastwood ne peut pas jouer un large éventail de personnages. Il parle comme Clint Eastwood, il ressemble à Clint Eastwood.»

Puis, à la question classique «Avec quel cinéaste avez-vous préféré travailler?», Meryl a rétorqué: «C’est comme si un copain te demandait si ton ex faisait ça mieux que lui!» À une salle qui riait de bon cœur, elle a confié que son rôle de fashionista dans The Devil Wears Prada lui avait été inspiré par «tous les réalisateurs tyranniques» avec lesquels elle avait collaboré. Un super moment.

Julianne Moore

Julianne Moore

«C’est amusant de pleurer comiquement plutôt que tragiquement!» s’est exclamée hier une Julianne Moore rayonnante devant un parterre illuminé de flashs. Pleurer comme elle le fait dans Maggie’s Plan, de Rebecca Miller. Une comédie romantique présentée dans la section «Panorama», dédiée aux films d’auteur, dans laquelle l’actrice de 55 ans incarne une universitaire ambitieuse et brillante, mariée à un collègue nettement moins victorieux, joué par Ethan Hawke.

«J’ai adoré cette femme! Je l’ai adorée quand j’ai lu le scénario et j’ai adoré la jouer. Elle cherche la stimulation intellectuelle, elle n’est pas du tout en retenue! Elle est perçue comme “le monstre”, mais elle se révèle vraiment drôle!» a-t-elle joyeusement raconté à l’assemblée intéressée par le film, certes, mais surtout par l’envie de savoir «C’était comment de travailler avec Ethan?» Ou, comme l’a noté un journaliste, «avec son ami de toujours». «C’était sssssexyy!» a rétorqué du tac au tac la charismatique star en éclatant de rire, offrant ainsi une réponse rêvée pour tous les rédacteurs de potins. Comme de fait, après la conférence, on est tombé sur une dizaine de sites titrant: «Julianne Moore findet ihren Kollegen Ethan Hawke sexy!» Surprise…

Isabelle Huppert

'Things to Come' Press Conference - 66th Berlinale International Film Festival

Les conférences de presse dans les festivals de films sont un phénomène en soi. Pas seulement parce qu’on a la chance d’y voir des artistes incroyables parler de cinéma, mais aussi… à cause des questions. Il y en a toujours une qui prend 5 minutes et 45 secondes de divagation pour finir par arriver à: «Pourquoi avez-vous accepté de jouer dans ce film?» ou à une observation qui fait sursauter et donne envie de crier: «Stop! Lâchez ce micro! Plus tard, vous m’en remercierez!»

On se demande ainsi quelle force étrange a poussé un journaliste à se lever pour demander à Isabelle Huppert «si elle a déjà vécu la même chose» que la professeure de philosophie qu’elle incarne dans le film L’avenir, présenté en compétition officielle. Attendez un instant, cette personne a réellement demandé, de but en blanc, si… Mme Huppert s’est déjà fait tromper par son mari et si elle a déjà été quittée pour une autre femme?! («Noooon! On vous avait conseillé de lâcher ce micro!»)

Bref, gracieusement, la renommée actrice française a simplement répondu: «Nous n’avons pas besoin de vivre les mêmes choses que nos personnages pour les comprendre.» Et quand une reporter américaine a demandé à la réalisatrice de L’avenir, Mia Hansen-Løve, pourquoi, dans une scène qui l’a troublée (!), elle a montré Isabelle Huppert faisant la vaisselle (!), cette dernière a subtilement levé le sourcil. Et la cinéaste a éclaté de rire. Parfois, ça vaut mieux.

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