La boîte à images
05:00 11 février 2020 | mise à jour le: 11 février 2020 à 04:17 temps de lecture: 4 minutes

«Pour toujours, plus un jour»: un deuil forcé

«Pour toujours, plus un jour»: un deuil forcé

Et si la vie venait avec une date d’expiration connue d’avance? C’est un peu la prémisse de Pour toujours, plus un jour, la première fiction exclusive à la section francophone de Crave, le service de diffusion en ligne propulsé par Bell.

Avec Pierre-Luc Funk et Catherine Brunet dans les rôles principaux, on présente à l’écran le deuil anticipé d’un jeune homme atteint d’une maladie orpheline qui, soudainement, annonce à ses proches qu’il lui reste environ un an à vivre. S’ensuivent les étapes d’un deuil imposé alors que l’amour, l’amitié, la peur, les regrets et la vie se partagent l’odieux de meubler les derniers instants d’une existence tragiquement fragile.

Avec l’équipe de la populaire série Le chalet aux commandes, on se sent entre bonnes mains pour cette histoire d’amour déclinée en 14 épisodes d’une trentaine de minutes.

Bien faire, mais…

Après quelques épisodes, cela dit, il y a quelque chose qui cloche avec Pour toujours, plus un jour. Pourtant, la distribution est solide et nuancée. Les dialogues coulent bien, la production est léchée et un certain rythme accompagne cette franche camaraderie entre les comédiens.

Toutefois, quand on gratte un peu pour enlever le vernis, on comprend qu’en dessous des premières bonnes impressions, il n’y a pas grand-chose. La série se résume à sa prémisse, et la suite des événements n’est qu’une liste de clichés intégrée à un thème très exploité en fiction: celui selon lequel il faut vivre comme si c’était le dernier jour de son existence.

La série se résume à sa prémisse, et la suite des événements n’est qu’une liste de clichés intégrée à un thème très exploité en fiction: celui selon lequel il faut vivre comme si c’était le dernier jour de son existence.

Ainsi, la jeunesse se rebelle, s’éclate, s’étiole et se questionne. L’entourage du condamné évolue avec lui, forcément. La mort oblige le drame à côtoyer la comédie et, sans l’entendre, l’écho d’un Carpe diem lancé par le défunt Robin Williams résonne dans chaque situation présentée par la fiction.

Je me demande alors s’il est possible de trop bien faire les choses avec une production télé? Comme si les années à mener Le chalet avaient placé la petite équipe sur une piste défrichée et familière.

On transite d’une situation à une autre sans trop regarder derrière; ne reste alors qu’une forme de flottement au-dessus de sentiments qui, pourtant, gagneraient à être explorés.

Pour toujours, plus un jour: une histoire déjà racontée

L’impression de fatigue est déstabilisante devant une nouveauté, mais elle est bien réelle quand on ne sent pas l’inspiration derrière les mots, aussi habiles soient-ils. Chaque épisode de Pour toujours, plus un jour s’impose donc comme une histoire déjà racontée, malgré ses ambitions.

N’empêche que c’est touchant par moments, et Pierre-Luc Funk n’a plus de preuves à faire dans le milieu. Mais si on m’offre une autre fiction où la jeune conjointe, artiste, un peu bohème, mène l’action avec sa spontanéité limite criminelle, j’envisage fortement la défenestration jusqu’à ce que des projets plus audacieux soient favorisés par nos producteurs.

D’ici là, c’est l’offre de Crave et c’est un peu à prendre ou à laisser, car il n’y aura pas des tonnes de nouveautés au cours de cette première année. J’imagine que, si Le chalet vous manque, vous y trouverez votre compte. Sinon, passez votre tour.

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