Débats

Je ne suis pas complotiste

Manifestation de complotistes
Manifestation de contre les mesures sanitaires le 20 décembre Photo: Dominic Gildener/Métro
Emmanuèle Bompard - Collaboration spéciale

Je ne suis pas complotiste, je suis vaccinée, j’ai une maitrise en administration de la santé, j’ai la tête sur les épaules et pourtant je suis contre le passeport sanitaire et la vaccination obligatoire pour les infirmières. 

Ce matin à l’émission de Patrick Masbourian à radio Canada, j’endentais encore, sur un ton complaisant, que les infirmières non vaccinées mettaient en danger les patients et qu’on ne comprenait pas pourquoi elles résistaient, qu’elles devaient être influencées par des courants complotistes sur internet (ce qui sous-entend qu’elles ne sont pas assez intelligentes pour penser par elle-même!)… 

C’est difficile aujourd’hui de penser autrement, d’avoir un autre avis. 

Avoir une pensée nuancée n’est pas tellement à la mode. Soit on ne remet aucunement en question le vaccin, soit on est complotiste. 

Mais est ce que la science est capable aujourd’hui de répondre aux petites questions que je vais poser? 

  • Est-ce qu’une personne vaccinée depuis plus de 6 mois est encore protégée par le vaccin? Si non alors pourquoi a-t-elle droit au passeport sanitaire? 
  • Est-ce qu’une personne vaccinée depuis plus de 6 mois est moins dangereuse qu’une personne non vaccinée qui se fait tester 3 fois semaines sachant que de toutes les façons le vaccin ne protège pas complètement contre la contagion et que son efficacité diminue avec le temps? 

C’est quand même amusant que sur aucun média on entend des personnes qui pensent autrement et qui se basent sur des faits non médiatisés. Pourtant il y en a. Mais elles ont peur de s’exprimer car aujourd’hui si on s’exprime on peut perdre son droit de travailler. Moi je trouve ça très grave de perdre son permis de travailler car on pense autrement ou qu’on refuse de se faire vacciner. 

Il existe des personnes qui ont une pensée plus nuancée, qui ne sont pas complotistes et qui ont le courage d’écrire. Allez lire « Les Vaccins à l’ère de la COVID-19 : vigilance, confiance ou compromis ? » de Michel de Lorgeril pour nuancer votre pensée! Ce livre explique pourquoi les provax et les antivax sont tellement en conflit. Ça donne une autre perspective. Monsieur de Lorgeril est Docteur en Médecine, membre de la Société Européenne de cardiologie et du Centre national de la recherche scientifique. Ce n’est pas un deux de pique! 

C’est aussi le rôle des journalistes de montrer les deux côtés d’une médaille. Actuellement la seule chose que l’on entend c’est que le vaccin contre la COVID va nous « sauver ». Pourtant on ne connait pas la durée d’efficacité, on peut attraper la maladie et la transmettre en étant vacciné. Allez voir le lien suivant. Les nouveaux cas selon le statut vaccinal est très intéressant. Sur 4 personnes contaminées une est vaccinée. Cette personne vaccinée est-elle aux aguets, se fait-elle tester au moindre symptôme ou se sent-elle protégée? Il n’y a aussi aucune donnée en fonction de la date à laquelle les personnes ont été vaccinées. Je pense qu’il est donc légitime de se poser des questions sans se faire injurier et traiter de complotiste. 

Je m’indigne car je suis contre la pensée unique, je suis pour la pensée nuancée face à un problème complexe. 

Ce qui est certain c’est que le réseau de la santé va mal et qu’enlever des infirmières parce qu’elles ne sont pas vaccinées est encore plus dangereux que de les laisser travailler en leur demandant de se faire tester tous les 3 jours. Les bris de services peuvent aussi occasionner des morts. Mais ça on risque de ne pas en parler. 

C’est une décision politique et non scientifique. Et ça me met en colère. Ça me fait peur de n’entendre qu’un seul discours provax qui musèle le discours adverse, ça me fait peur ce manque de nuance, ça me fait peur d’obliger, d’interdire. Ça me fait peur ces ordres professionnels qui s’ingèrent dans ce débat en enlevant le droit de travailler. Tout ça me fait bien plus peur que la COVID. 

Pourrait-on repenser la santé publique en tenant compte de l’intelligence de la population et de la complexité des problématiques? 

Emmanuèle Bompard.

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