Débats

Canadien recherche DG qui parle Français

Montreal, Quebec, Canada - October 2, 2011: An official National Hockey League ice hockey puck. Photo: Istock
Fede Sanchez - Conseiller en relations publiques

LETTRE OUVERTE – Le Canadien n’a pas touché à la Coupe Stanley depuis 1993, presque un quart de siècle. L’équipe évolue au sein de la NHL, une ligue qui regorge des joueurs, entraîneurs et gestionnaires américains, canadiens et internationaux les plus doués de la planète. Suite au congédiement de Marc Bergevin, le Canadien est à la recherche d’un nouveaux Directeur Général.

Et quelle est la qualification numéro un que ce DG devrait avoir selon les médias locaux et les experts québécois du milieu, sans laquelle un candidat ne devrait jamais être embauché? Il doit parler français.

Bergevin le parlait très bien, le français, et le Canadien, nos Glorieux qui s’alimentent d’une légende aussi vieille qu’Internet, ont raté les séries trois fois sous sa tutelle.

D’accord. Nous sommes la seule ville francophone dans la ligue, mais n’avons-nous pas envie—et urgence—d’attirer des gagnants ? De faire venir les meilleurs talents de hockey, des gens qui vont nous faire retrouver le chemin de la victoire, peu importe leur langue ?

J’ai été ahuri de voir comment les médias locaux francophones ont réagi à la venue de Jeff Gorton, le nouveau vice-président des opérations d’hockey chez le Canadien. “Mais il ne parle pas français !”, se sont-ils scandalisés.

Imaginez si les ligues de soccer européennes embauchaient leurs gérants et entraîneurs en fonction de la langue parlée. Tout ce qui compte chez le Réal Madrid, le FC Barcelone, la Bayern Munich, le PSG, le Liverpool ou l’A.C. Milan, c’est le talent. «Ou bien tu es parmi les meilleurs au monde ou tu ne viens pas jouer ici!» C’est le seul critère qui compte. Et ils ne sont même pas dans une ligue nord-américaine.

Veut-on avoir à Montréal une équipe francophone ou une équipe gagnante ? N’est-on pas fatigué de perdre ? Ce serait chouette si les meilleurs étaient aussi des francophones, mais ce serait tellement étroit d’esprit de ne pas les embaucher s’ils ne le sont pas.

Après tout, il est facile d’enseigner n’importe qui à dire “bonjour”. Un bon cours intensif de six mois et c’est fait.

Fede Sanchez
Conseiller en relations publiques

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